Oui, ça peut dégoupiller : Les Gilets Jaunes entre mobilisation et désillusion
Ce samedi 12 septembre 2026, le collectif Unité Gilets Jaunes a organisé une manifestation à Paris, tout en lançant un appel à rassemblement dans d’autres villes françaises. Huit ans après le début du mouvement, la question se pose : peut-il réellement reprendre de l’ampleur et le contexte est-il propice à une nouvelle mobilisation ?
Depuis le début du mois de septembre, des appels à la mobilisation circulent sur les réseaux sociaux. Une manifestation a eu lieu dans les rues de Paris, tandis que des invitations à se rassembler devant toutes les préfectures de France ont été diffusées. L’affichette jaune, promouvant un rendez-vous devant chaque préfecture pour une « France plus juste », a suscité des attentes. Cependant, à Toulouse, par exemple, la place Saint-Etienne est restée déserte, sans gilets jaunes ni pancartes.
Pour comprendre l’état d’esprit des anciens Gilets Jaunes, nous avons contacté Rodolphe, un ancien membre du mouvement. Bien qu’il n’ait pas entendu parler de la manifestation, il se réjouit de cet élan. « Je suis content d’entendre que les gens se réveillent de nouveau », déclare-t-il. En avril dernier, face à la flambée des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient, il était sceptique quant à un retour des Gilets Jaunes, mais aujourd’hui, il constate une légitimité à la mobilisation : « Il n’y a pas que le gasoil qui coûte cher. Il y a la bouffe, les matériaux, tout. »
Rodolphe évoque un sentiment de « flux tendu » parmi la population, une situation propice à la remobilisation. De son côté, Yves Castera, également ancien Gilet jaune et animateur de la Fédération nationale des associations des Gilets Jaunes, souligne que les problématiques restent les mêmes, mais se sont aggravées : « Il y a énormément de choses qui font que la mobilisation serait largement légitime. »
Cependant, la répression du mouvement lors de ses précédentes manifestations a laissé des cicatrices. Castera rappelle les violences subies par des manifestants, ce qui soulève des interrogations sur la capacité de restructuration du mouvement. Un sondage mené par le collectif Gilets Jaunes 65 révèle que 94% des internautes soutiennent une reprise de la mobilisation, mais la forme que cela prendra reste à définir.
La manifestation du 12 septembre à Paris a vu défiler une banderole jaune appelant à la justice sociale et fiscale, portée par Unité Gilets Jaunes, un collectif se revendiquant apartisan. Alors que la grogne ambiante profite déjà à certains candidats aux élections présidentielles, comme Fabien Roussel, qui appelle à la mobilisation sur les ronds-points, la question demeure : comment éviter la récupération politique du mouvement ?
Yves Castera, désormais élu local, s’oppose à la présence des partis politiques dans le mouvement, tout en reconnaissant leur rôle essentiel en tant que relais de la colère populaire.
La situation actuelle des Gilets Jaunes est donc marquée par une volonté de retour à la mobilisation, mais aussi par une prudence face aux risques de récupération politique et à la mémoire des violences passées.
Source : France 3 Régions

