À la Fête de l’Humanité, Mélenchon et Roussel se livrent un duel de popularité
REPORTAGE. Ce samedi, Jean-Luc Mélenchon, leader des Insoumis, et Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), ont tenu des meetings à la Fête de l’Humanité, chacun de leur côté et à quelques minutes d’intervalle. Le duel à distance entre les deux candidats à l’élection présidentielle a semblé tourner à l’avantage de Mélenchon.
Les Insoumis ont qualifié cet événement de « formidable démonstration de force ». Mélenchon s’est exprimé devant une foule enthousiaste de plusieurs milliers de personnes, saluant « le peuple de L’Humanité » qui a largement débordé du stand de La France insoumise.
L’après-midi a été marqué par une lutte à distance entre Mélenchon et Roussel. Les deux hommes ont pris la parole à quelques minutes d’intervalle, et bien que le meeting de Roussel, qui s’est produit sur la grande scène Angela Davis, ait également attiré un public nombreux, le leader insoumis a semblé dominer.
Un duel entamé dès vendredi
Dès vendredi, Mélenchon avait prouvé sa popularité parmi le public de la Fête de l’Huma, recevant une ovation assourdissante lors d’une intervention à l’Agora. En revanche, Roussel, qui avait débattu une heure plus tôt avec le patron du Medef, Patrick Martin, n’avait pas bénéficié d’un tel soutien.
La présence de Mélenchon a attiré un plus grand nombre de personnes que celle de Roussel, ce qui a conduit les Insoumis à souligner leur succès dans un milieu traditionnellement communiste.
De nombreux maillots Mélenchon 27
Ce samedi, Mélenchon n’a pas pris la parole sur la grande scène, mais a s’est exprimé à 16h10 sur le stand de son mouvement, moins visible dans les allées de la Fête. Les militants insoumis se sont organisés pour distribuer des tracts dès le matin. Beaucoup portaient le maillot de foot « Mélenchon 27 », une identification visuelle qui a suscité des réactions variées.
Une militante des Jeunesses communistes, invitée à assister au meeting de Mélenchon, a refusé, jugeant que cela reviendrait à lui apporter son soutien.
Un public « très politisé »
Malgré ses réticences, la militante a prédit que le meeting de Mélenchon attirerait plus de monde que celui de Roussel, soulignant que le public de la Fête est très sensible aux idées insoumises. Elle a ajouté que le public que le PCF cherche à conquérir, comme les abstentionnistes, n’était pas forcément présent à Brétigny-sur-Orge.
Les communistes estiment que leur présence à l’élection présidentielle leur permettra d’élargir le socle électoral de la gauche. Cependant, plusieurs cadres insoumis craignent que la candidature de Roussel ne leur fasse perdre des voix.
« Qu’ils s’en aillent tous »
Trente minutes avant le début du meeting de Mélenchon, l’accès à son chapiteau était presque impossible. Sous la tente, les militants chantaient des slogans tels que « Siamo tutti antifascisti » et « Non, Roussel n’est pas un camarade ». Mélenchon a abordé plusieurs de ses thèmes favoris, notamment l’inflation et la hausse des salaires, tout en critiquant Christine Lagarde.
« 2027 est une opportunité extraordinaire de faire un grand ménage, qu’ils s’en aillent tous ! », a déclaré Mélenchon, concluant son discours. La foule se dirigeant vers le meeting de Roussel a manqué le début de la prise de parole du patron du PCF.
Roussel veut convaincre les abstentionnistes
Roussel, pour sa part, a pris la parole devant une foule moins compacte pendant près d’une heure, appelant à convaincre les salariés et les abstentionnistes pour 2027. Un message partagé par ses partisans, qui soulignent l’importance de se concentrer sur les propositions plutôt que sur un concours de popularité.
Cependant, l’ex-Insoumis Alexis Corbière a mis en garde ses anciens camarades, soulignant que l’objectif n’est pas de gagner à l’applaudimètre, mais de convaincre le pays tout entier.
Maxence Kagni, à Brétigny-sur-Orge.

