Le droit à la beauté devrait faire partie des débats de la prochaine présidentielle
Une notion souvent négligée dans le débat public, le droit à la beauté mérite une attention particulière dans le cadre des prochaines élections présidentielles. Alors que l’expression « œuvre de mauvais goût » semble désuète, il est essentiel de reconnaître que chacun est supposé avoir des critères esthétiques propres, tout comme des intolérances alimentaires.
Contexte factuel
Le monde de l’art a progressivement évacué la notion de goût, chaque style ou culture ayant ses propres valeurs. Les discussions esthétiques, autrefois enrichissantes, sont devenues des affrontements entre opinions irréconciliables. La définition du goût, influencée par le multiculturalisme depuis les années 1990, a entraîné une remise en question des standards esthétiques traditionnels, souvent critiqués par les avant-gardes du XXe siècle.
Données ou statistiques
Un récent essai d’Emma Carenini, Une autre histoire du luxe, souligne que le luxe ne devrait pas être uniquement l’affaire des riches. Elle dénonce la « démission esthétique du service public », qui a laissé place à une vision privée du luxe. Ce phénomène est visible dans la transformation des espaces urbains, où les créations plastiques offertes au public se sont raréfiées.
Conséquence directe
Si Paris était uniquement constitué des constructions des cinquante dernières années, il est probable que le tourisme s’en verrait affecté. Les politiques publiques, au lieu d’investir dans l’avenir, semblent se reposer sur un héritage esthétique passé. Le droit à la beauté, qui permettrait de vivre dans des environnements urbains stimulants, devrait donc être un sujet central lors des débats électoraux à venir.
Source : Beaux Arts
