Sauver sa retraite après un licenciement à 60 ans
Silvia Zemp, 61 ans, a récemment été licenciée après 16 ans de service dans une entreprise sous-traitante informatique, suite à la perte d’un client majeur, le Credit Suisse. Malgré un parcours professionnel exemplaire, elle ne bénéficie d’aucun plan social ni d’indemnités de départ.
Le taux de chômage en Suisse a atteint 4,9 % au deuxième trimestre 2026, un chiffre élevé pour le pays. Les jeunes et les seniors, notamment ceux proches de la retraite, sont particulièrement affectés par les difficultés du marché de l’emploi. Les chômeurs âgés de plus de 55 ans doivent naviguer dans un paysage complexe concernant leur retraite, avec quatre options : retraite anticipée, compte de libre passage, maintien dans l’ancienne caisse de retraite ou transfert à l’institution supplétive LPP. Chacune de ces options présente des avantages et des inconvénients, entraînant des pertes financières significatives.
Silvia Zemp, bien qu’elle ait des allocations chômage et quelques économies, s’inquiète de son avenir. « Qui embaucherait une femme de plus de 60 ans ? Si je ne trouve plus de travail, je ferai face à des problèmes psychologiques et financiers », déclare-t-elle. Les dernières années de travail avant la retraite sont cruciales pour la constitution d’une pension, car c’est à ce moment-là que la part de salaire versée à la prévoyance vieillesse est la plus élevée.
Irene Rohrbach, experte en prévoyance, souligne l’importance de la planification durant cette période. « Si vous ne versez plus rien, vous risquez de vous retrouver avec une pension significativement réduite à la retraite », prévient-elle. Les seniors licenciés doivent donc évaluer soigneusement leurs options.
Les quatre choix disponibles pour les seniors licenciés comprennent :
- Prendre une retraite anticipée : Cette option nécessite de cesser toute activité professionnelle et peut engendrer des pertes financières à long terme.
- Ouvrir un compte de libre passage : Si un nouvel emploi n’est pas trouvé dans les six mois, le capital vieillesse est transféré sur un compte bloqué, limitant les options.
- Rester assuré auprès de la caisse de retraite : Cela permet de continuer à constituer un capital vieillesse, mais les cotisations doivent être prises en charge par le licencié, ce qui peut s’avérer coûteux.
- Transférer l’avoir vers l’institution supplétive : Bien que cela permette de continuer à cotiser, les prestations sont souvent inférieures à celles des caisses de retraite traditionnelles.
Silvia Zemp ne peut se permettre une retraite anticipée. Elle se rendra à l’ORP et espère retrouver un emploi dans les six mois, avant de devoir décider du transfert de son capital vieillesse.
Source : « Beobachter »

