Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens
L’élection présidentielle française, prévue dans huit mois, suscite déjà des préoccupations à Bruxelles. Daniel Freund, eurodéputé allemand, a exprimé une « certaine inquiétude » face à la montée de l’extrême droite dans les sondages. Il souligne qu’il est possible que l’extrême droite et l’extrême gauche accèdent au deuxième tour, tandis que les partis centristes, progressistes, tels que les Verts et les sociaux-démocrates, pourraient en être exclus.
Cette fébrilité est également ressentie par Charles Goerens, eurodéputé luxembourgeois, qui évoque un « risque important au niveau des politiques institutionnelles ». Il s’interroge sur la position de Marine Le Pen concernant la primauté du droit européen sur le droit national. Le candidat des Républicains, lui aussi, envisage de revenir sur ce principe « dans certains cas ».
En outre, le soutien à la candidature de Marine Le Pen est perçu de manière ambivalente. Dans le camp eurosceptique, les dates des élections, les 18 avril et 2 mai 2027, sont attendues avec espoir. Les alliés du Rassemblement national (RN) au sein du groupe des Patriotes pour l’Europe anticipent un changement dans la politique européenne.
Parmi les sujets de préoccupation majeurs figure la question du budget de l’Union européenne. Bien que Marine Le Pen ait affirmé ne plus remettre en cause la participation de la France à l’UE, Jordan Bardella, président du RN, a promis de réduire de moitié la contribution française au budget communautaire en cas d’accession au pouvoir. Daniel Freund a qualifié cette promesse de « légalement impossible », avertissant que cela pourrait entraîner une sortie unilatérale de la France de l’Union européenne.
Concernant la dette, Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France Insoumise, a annoncé son intention d’annuler la part de la dette française détenue par la Banque centrale européenne. Cette proposition a suscité des inquiétudes, notamment en raison de l’unanimité requise parmi les États membres pour une telle annulation.
Enfin, la position française sur le soutien à l’Ukraine pourrait également changer. Louis Aliot, vice-président du RN, a suggéré de réduire l’aide à Kiev, une idée qui suscite des craintes quant à l’impact sur l’économie européenne.
Les enjeux de cette élection sont donc cruciaux, non seulement pour la France, mais également pour l’avenir de l’Union européenne.
Source : Public Sénat

