Une épouvantable tragédie : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001
Mardi 11 septembre 2001, 14 h 46, heure française. Le premier avion percute la tour Nord du World Trade Center. En France, la politique suit son cours habituel à sept mois de la présidentielle : les cabinets ministériels travaillent sur leurs dossiers et Jacques Chirac effectue un déplacement officiel à Rennes. Dix-sept minutes plus tard, à 15 h 03, le second appareil s’encastre dans la tour Sud. Les Français découvrent alors la catastrophe en direct à la télévision, avec des éditions spéciales diffusant en boucle les images des tours en flammes et des attaques.
Face à cette urgence, le pouvoir exécutif doit analyser la menace et sécuriser le territoire. La crise survient alors que la France traverse sa troisième cohabitation, opposant le président de droite Jacques Chirac au Premier ministre de gauche Lionel Jospin. Cet événement tragique suspend temporairement la rivalité entre les deux candidats déclarés à l’élection de 2002.
Le président Chirac, en déplacement à Rennes pour le Salon international de l’élevage, doit écourter sa visite. « Je suis dans l’obligation absolue de regagner immédiatement mon bureau à Paris », déclare-t-il. Il évoque l’« immense émotion » de la France face aux « attentats monstrueux » et as George W. Bush de son « soutien total ».
À Paris, Lionel Jospin est rapidement informé des attentats et réunit les ministres clés. La question principale est de savoir si la France est menacée. Le plan Vigipirate est alors renforcé, mobilisant les forces de sécurité autour des lieux sensibles. Dans sa première déclaration, Jospin évoque une « violence et une gravité sans précédent » et insiste sur la nécessité de prendre des décisions « de façon calme et rigoureuse ».
À 18 h 30, Jacques Chirac et Lionel Jospin se retrouvent à l’Élysée pour un conseil restreint. La Constitution française répartit les responsabilités entre le président et le gouvernement, mais en cette soirée exceptionnelle, la nécessité de présenter un front cohérent prime.
Dans une allocution télévisée, Chirac déclare : « Les attentats qui ont frappé aujourd’hui les États-Unis d’Amérique sont une épouvantable tragédie. Jamais aucun pays dans le monde n’a été la cible d’attentats terroristes d’une telle ampleur, ni d’une telle violence. » Il promet une réponse ferme et souligne l’importance d’une action collective contre le terrorisme.
Le lendemain, Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, exprime la solidarité de la France avec le peuple américain dans une lettre adressée à Colin Powell. La France défend l’idée d’une réponse internationale et multilatérale face à la crise.
Le 19 septembre, Jacques Chirac se rend aux États-Unis et survole les ruines du World Trade Center. Il rend hommage aux victimes et réaffirme la solidarité entre la France et les États-Unis. Dans un discours, il déclare : « Ce crime est lâche. Ce crime est vain. Votre mémoire, notre mémoire restera meurtrie. Mais déjà New York se relève. Que vive New York ! Vive les États-Unis ! Vive la France ! »
Source : Public Sénat

