Les mésanges des montagnes optimisent leur survie en hiver grâce à des stratégies alimentaires.

Winter work shows it really pays to be a smart mountain chickadee

Les mésanges des montagnes, champions de la mémoire en hiver

Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université du Nevada, Reno, révèle que les mésanges des montagnes, oiseaux emblématiques de la Sierra Nevada, possèdent des capacités mémorielles exceptionnelles. Ces petits oiseaux, pesant à peine le poids d’un crayon, doivent retrouver des noix de pin cachées en quelques minutes pour survivre aux conditions hivernales rigoureuses, caractérisées par des températures sous zéro et des vents violents.

Selon Ai Ana Richmond, écologiste comportementale, chaque mésange est capable de se souvenir de l’emplacement de chacune des cent mille graines qu’elle a stockées pour l’hiver. Cette capacité de mémorisation est cruciale pour leur survie, car environ deux tiers des oiseaux ne survivent pas à leur premier hiver.

L’équipe de Richmond, qui travaille au Sagehen Creek Field Station, l’un des sites d’étude sur la cognition animale les plus anciens et les plus complets, utilise des technologies automatisées pour tester la mémoire de jusqu’à 250 oiseaux chaque année. Ces recherches mettent en lumière l’importance de la mémoire dans divers aspects de la vie des oiseaux, y compris leur reproduction et leur longévité.

Les données recueillies montrent que les mésanges les plus intelligentes ont tendance à vivre plus longtemps. En effet, une étude publiée dans Science en 2024 a révélé que les individus les plus astucieux ont une espérance de vie nettement supérieure à celle de leurs congénères moins mémorables.

L’effort de recherche est considérable. Richmond et ses collègues utilisent des nourrisseurs équipés d’une technologie similaire à celle des cartes magnétiques d’hôtel, permettant d’ouvrir les distributeurs uniquement pour des oiseaux spécifiques, identifiés par des micropuces. Cette méthode permet de mer la mémoire spatiale et la flexibilité cognitive des mésanges dans leur habitat naturel.

En parallèle, les chercheurs ont découvert que la génétique pourrait expliquer environ 80 % des différences cognitives observées chez ces oiseaux. Richmond a également exploré l’influence potentielle des microbes intestinaux sur l’intelligence aviaire, identifiant des bactéries produisant des acides gras bénéfiques pour la santé cérébrale chez les oiseaux ayant une meilleure mémoire spatiale.

Ces résultats soulignent l’importance d’une approche intégrative dans l’étude de la cognition animale, avec des implications potentielles pour la compréhension de la mémoire et de l’intelligence dans d’autres espèces, y compris les humains.

Source : Science News

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