Sommet spatial international : l’enjeu numérique au cœur de l’espace
Le sommet spatial international a été marqué par de nombreuses annonces liées à l’intelligence artificielle et à la connectivité par satellite. Ces annonces soulignent une dynamique commune : les infrastructures orbitales se positionnent désormais comme le prolongement naturel des réseaux informatiques terrestres.
Une constellation de 50 satellites dotés d’IA
Loft Orbital, Mistral AI et Marlan Space ont conclu un accord pour le déploiement d’une constellation de 50 satellites d’observation, financée par les Émirats Arabes Unis à hauteur d’un milliard de dollars. Cette constellation d’imagerie optique et radar intégrera des capacités embarquées d’intelligence artificielle développées par Mistral AI, visant à accroître la capacité de traitement à bord des satellites.
Le traitement embarqué permettra de réduire le délai entre l’acquisition d’une donnée et son exploitation. Cette architecture fait des logiciels et des capacités de calcul embarquées des éléments essentiels des systèmes spatiaux. Les données seront analysées en orbite, limitant ainsi l’intervention d’opérateurs au sol face à des volumes de données croissants.
Eutelsat commande 229 satellites OneWeb à Airbus
Eutelsat a annoncé une commande de 229 satellites supplémentaires à Airbus pour sa constellation d’internet par satellite OneWeb, pour un contrat d’environ 1 milliard d’euros. Cette commande s’ajoute à une précédente de 440 satellites passée auprès d’Airbus pour 2024 et 2025, avec des livraisons prévues à partir du quatrième trimestre 2026.
Cette nouvelle commande permettra à Eutelsat de maintenir et d’étendre son réseau en orbite basse jusqu’en 2034. Actuellement, le groupe exploite plus de 600 satellites, avec des lancements d’Ariane 6 programmés en 2027 et 2028.
Un réseau terrestre défini par logiciel
Eutelsat a également annoncé un partenariat avec la société française Skynopy pour développer « Global AKAR », une infrastructure terrestre destinée aux services satellitaires. Ce projet combinera le réseau mondial de stations au sol d’Eutelsat avec des technologies d’orchestration logicielle et de modem virtualisé développées par Skynopy. Plus de 100 antennes opérationnelles doivent être déployées d’ici fin 2029, prenant en charge des satellites opérant dans les bandes S, X et Ka.
Ce partenariat vise à atteindre une latence inférieure à trois minutes pour certains usages, contre une heure avec les technologies actuelles, et un débit pouvant atteindre 10 Gbit/s, comparé à 1 à 2 Gbit/s pour les solutions existantes.
Des données satellitaires davantage intégrées
Le sommet a également été marqué par de nouveaux engagements concernant la constellation européenne IRIS², dédiée aux communications sécurisées. Thales Alenia Space a obtenu un contrat d’environ 500 millions d’euros pour fournir des charges utiles pour 330 satellites, tandis qu’Airbus doit construire une première couche d’au moins 66 satellites, avec des lancements prévus à partir de 2029.
Ces développements montrent que l’économie spatiale s’articule désormais autour des satellites, des lanceurs et des systèmes numériques qui les entourent, soulignant l’intégration étroite entre infrastructures spatiales et monde numérique.
Source : INCYBER NEWS

