Éco-anxiété, éco-colère : les émotions face à la crise climatique
En 2021, un article du Lancet révélait que, parmi 10 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans interrogés dans dix pays, 50 % affirmaient que le changement climatique les rendait tristes, anxieux, en colère, impuissants et coupables. Près de la moitié d’entre eux estimaient que leurs émotions liées au changement climatique avaient un impact négatif sur leur vie quotidienne, et de nombreux répondants ont exprimé des pensées négatives en lien direct avec l’état de la planète.
Ces émotions, en particulier la colère, sont souvent corrélées à la perception que les gouvernements ne répondent pas aux enjeux environnementaux actuels, générant un sentiment de trahison et d’abandon. Ce sentiment nourrit la colère, illustrée par des figures comme Greta Thunberg, souvent perçue comme l’égérie de la lutte contre le réchauffement climatique. Bien qu’elle suscite des critiques pour son expression émotionnelle, son message résonne avec celui de nombreux jeunes.
Colère, anxiété : des émotions pour passer à l’action
Greta Thunberg est parfois présentée comme le symbole de la colère d’une génération. Lors de son intervention aux Nations unies en septembre 2019, elle a exprimé une colère froide et argumentée, questionnant l’inaction face à la crise climatique. Cette capacité à transformer la colère en action est significative, illustrée par des études qui montrent un « effet Greta Thunberg » sur la mobilisation des jeunes.
Des émotions qui peuvent jouer un rôle positif
Les émotions, y compris la colère, peuvent jouer un rôle moteur dans la lutte contre le réchauffement climatique. Bien que l’information sur le climat soit largement disponible, une déconnexion persiste entre la connaissance et l’action. La recherche s’intéresse de plus en plus à la manière dont les émotions, et notamment la colère, peuvent inciter à l’action face au changement climatique.
La colère peut mener à des changements concrets et durables
Des études récentes mettent en avant le rôle sous-estimé des émotions dans la recherche et l’action climatique. La colère, en particulier, peut catalyser des changements de comportement en faveur de l’environnement. Un exemple concret de cette transformation émotionnelle en action est représenté par les « Conversations carbone », initiées en 2006, où des groupes de participants explorent leurs émotions face au changement climatique et cherchent des solutions pratiques pour réduire leur empreinte carbone.
Dépasser la peur grâce à la colère
Les jeunes activistes du climat montrent que la colère peut être un levier pour transformer la peur et la culpabilité initiales en espoir et en action. Des études ont démontré que la colère est une étape cruciale dans le cheminement émotionnel vers l’engagement.
L’éco-colère pour (enfin) s’engager
Une enquête australienne récente suggère que l’éco-colère favorise un engagement plus important dans des actions pro-climat que l’éco-anxiété. L’étude souligne que le sentiment d’injustice renforce la colère, ce qui peut inciter au passage à l’action.
Les vrais risques de l’apathie
Face à l’urgence climatique, l’apathie apparaît comme un vice dont les conséquences sont de plus en plus mesurables. Les émotions, y compris la colère, peuvent prendre une tournure politique significative, comme le montre le parcours de Greta Thunberg et d’autres activistes.
En conclusion, alors que les défis climatiques s’intensifient, la reconnaissance et l’expression des émotions telles que la colère peuvent jouer un rôle clé dans l’engagement et l’action face à la crise climatique.
Source : The Conversation*

