Paul Willemse : Confidences sur sa dépression et son combat contre les commotions cérébrales
À la suite de commotions cérébrales répétées, Paul Willemse a été contraint de mettre un terme à sa carrière de rugbyman l’année dernière. Le joueur montpelliérain a subi six commotions en moins de deux ans, une décision lourde de conséquences qui a mené l’ancien joueur de Grenoble à la dépression. « J’ai connu une période difficile. Au bout de huit mois, j’étais perdu. J’avais toujours eu l’habitude de vivre beaucoup d’émotions chaque week-end. Je vidais mon stress dans les matchs », a confié Paul Willemse au Parisien.
Dans cette interview, il évoque également son insatisfaction face à sa nouvelle vie : « J’étais sur des projets au long cours, avec des hommes d’affaires que je ne comprenais pas, mais cela me semblait plat. Il n’y avait plus la même adrénaline. Il ne se passait rien dans ma vie. J’ai fait une dépression ».
Désireux de sensibiliser le public sur les commotions cérébrales, Willemse est devenu l’ambassadeur d’une étude novatrice. Lors d’une conférence de presse au siège de GMF Assurances, il a présenté un casque destiné à étudier les effets thérapeutiques de la lumière proche infrarouge sur les commotions cérébrales.
« Je me suis senti utile »
David Brauge, neurochirurgien et président de la commission commotions cérébrales LNR/FFR, a expliqué que l’objectif de cette étude est de « faciliter, d’accélérer la récupération après un choc à la tête de type commotion cérébrale ». Cet essai clinique, lancé par le fonds Clinatec, débutera cet automne et durera deux ans. Il sera contrôlé, avec deux groupes : l’un recevant un vrai casque, l’autre un casque passif.
Finalement, en s’investissant différemment auprès d’autres sportifs, Willemse a retrouvé un sentiment d’utilité. « C’est un ami, vice-président du club de Nîmes, qui m’a dit de venir aider à entraîner l’équipe de Fédérale 2. Je suis sorti de chez moi, je me suis senti utile. C’est ça que j’avais perdu », a-t-il déclaré. Cependant, il n’envisage pas de devenir entraîneur à plein temps : « Je ne suis pas prêt. Aujourd’hui, je participe à des séminaires pour des entreprises, je parle de mon expérience, de mon histoire qui n’est pas commune. Je pense que ça peut servir à d’autres, qu’on peut changer des choses. Des gens m’ont dit que ça les avait aidés. »
Source : Le Parisien

