Madagascar face à l’impact du phénomène El Niño sur ses écosystèmes
Madagascar se prépare à affronter les conséquences du phénomène climatique El Niño, dont l’intensité est prévue comme « très forte » cette année. La Grande Île est l’un des trois pays d’Afrique australe les plus vulnérables, aux côtés du Mozambique et du Malawi, selon un rapport publié par le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) en août.
Les projections indiquent des précipitations inférieures à la normale dans le centre et le sud du pays, tandis que le nord pourrait subir des pluies diluviennes et des inondations. Ces conditions climatiques extrêmes risquent d’aggraver la situation déjà précaire des écosystèmes sur lesquels dépendent de nombreux Malgaches pour leur subsistance.
Tantely Andriambololona, responsable de l’adaptation au changement climatique au WWF Madagascar, souligne la vulnérabilité des écosystèmes côtiers, notamment des mangroves et des récifs coralliens. Ces derniers jouent un rôle crucial dans l’écotourisme et protègent les communautés contre les cyclones et la montée des eaux. De plus, ils sont essentiels à la reproduction des espèces marines, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire locale.
Njaka Andriantefiarinesy, président de l’association des journalistes en environnement de Madagascar, met en garde contre les impacts potentiels sur l’approvisionnement en électricité à Antananarivo. Le barrage hydroélectrique d’Andekaleka, qui fournit une part importante de l’énergie de la capitale, pourrait être menacé par un assèchement des ressources en eau, déjà en baisse chaque année.
Dans le Grand Sud, les Nations unies prévoient une « grave sécheresse » en raison d’El Niño et ont annoncé un soutien de 6 millions de dollars pour aider les communautés touchées. Ce phénomène climatique survient alors que 2,6 millions de Malgaches se trouvent déjà en situation d’insécurité alimentaire aiguë.
Source : Ocha, rapport d’août 2026

