Chaque jour, nous utilisons une cinquantaine de satellites : ces gestes du quotidien que l’on doit au secteur spatial
Faire appel à un service de géolocalisation (à pied, en voiture ou sur une application sportive) passe par des dizaines de satellites. Ils sont aussi indispensables pour les prévisions météorologiques ou encore la synchronisation des réseaux bancaires.
L’espace peut sembler lointain. Pourtant, il ne concerne pas que les astronautes, comme la Française Sophie Adenot, ou les sondes qui scrutent les confins de l’univers, comme le télescope James Webb. Les activités spatiales sont ancrées dans le quotidien de la population et sont le « prolongement direct des activités humaines sur terre », estime l’Elysée pour faire valoir le sommet international sur l’espace organisé par la France, qui doit se tenir à Paris les 9 et 10 septembre. « C’est parce qu’il permet à nos sociétés modernes d’exister que l’espace doit être préservé », ajoute la présidence.
« Chaque jour, nous utilisons une cinquantaine de satellites », affirme Frédéric Adragna, du Centre national des études spatiales (Cnes), l’agence spatiale française. L’une des utilisations les plus connues concerne la géolocalisation, pratique pour trouver son itinéraire à pied, en voiture, ou pour mettre en avant ses performances sportives. En plus du célèbre réseau GPS américain, les principaux systèmes de géolocalisation par satellite sont le réseau Galileo européen, le Glonass russe et le Beidou chinois. Chacun d’eux compte une constellation d’une trentaine de satellites.
Les satellites sont également indispensables pour les prévisions météorologiques. D’importants réseaux d’observation et de traitements de données sont sollicités pour savoir s’il faut prendre son parapluie ou sa crème solaire en sortant de chez soi. Environ « 90% des données utilisées par Météo-France proviennent des satellites », selon le Cnes.
Afin d’obtenir des données plus fines et des prévisions plus précises, de nouveaux satellites sont régulièrement envoyés en orbite autour de la Terre. Depuis 2022, des satellites météo de troisième génération sont déployés pour obtenir des données en temps réel. L’un d’eux, lancé fin août, doit fournir « des images destinées à la détection précoce des tempêtes violentes à évolution rapide, aux prévisions météorologiques et à la surveillance du climat ».
Payer avec sa carte bancaire repose aussi sur des activités spatiales. Les satellites jouent « un rôle clé dans la synchronisation des systèmes bancaires internationaux », a expliqué Guillaume Schlumberger, expert associé au Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques. « Le système financier international, et le système bancaire en général, sont réglés avec ça [les satellites]. Les bourses seraient bloquées et on ne pourrait pas retirer d’argent aux distributeurs ou payer par carte [si les satellites ne fonctionnaient pas] », avait-il précisé.
Les systèmes d’atterrissage des avions ont également besoin de données satellites et de géolocalisation pour fonctionner. Plus largement, « le transport mondial de biens et de personnes par voies terrestre, maritime et aérienne serait sévèrement affecté » si l’accès aux informations spatiales était coupé.
Les activités spatiales posent une partie des fondements des sociétés modernes. La synchronisation de l’heure mondiale, dans laquelle sont impliqués les satellites, a également des implications énergétiques. Sans les systèmes spatiaux, « l’ensemble du réseau électrique se retrouverait instable avec des pannes et des black-out aux conséquences imprédictibles pour l’économie et la société ».
L’ancrage du spatial dans le quotidien ne se résume pas qu’aux activités permises par le développement des satellites. Quantité d’objets de la vie de tous les jours sont liés à l’exploration spatiale et aux vols habités, comme les caméras des smartphones, issues de technologies développées pour les missions spatiales.
Source : Franceinfo

