Maroc : État des lieux de la GenZ 212 un an après le mouvement de contestation

Maroc: un an après le mouvement de contestation inédit, ce qu’il reste de la GenZ 212

Maroc : Un an après le mouvement de contestation inédit, que reste-t-il de la GenZ 212 ?

Publié le : 11/09/2026 – 15:33

Avec notre correspondant à Casablanca, Matthias Raynal

Fin septembre 2025, le Maroc a été le théâtre d’un mouvement de contestation sans précédent. Émergeant d’Internet, la GenZ 212 a appelé à des manifestations à l’échelle nationale pour exiger des investissements accrus dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Un an plus tard, ce mouvement, caractérisé par son apolitisme, sa spontanéité et l’absence de leaders, semble avoir presque disparu de l’espace public. Alors que le pays se prépare à des élections législatives le 23 septembre, il est légitime de se demander ce qu’il reste des revendications de cette génération.

Les slogans réclamant la démission du Premier ministre et une meilleure santé publique se sont tus. Dans un café où un match de football est diffusé, Youssef, un militant de la GenZ 212, déclare : « Les jeunes qui étaient actifs travaillent toujours, mais discrètement. » La plateforme Discord, autrefois dynamique pour le mouvement, est devenue silencieuse. Youssef précise : « Aujourd’hui, on se concentre sur les personnes arrêtées et emprisonnées. »

Plus de 600 personnes toujours incarcérées

Les chiffres officiels les plus récents indiquent que plus de 600 personnes restent incarcérées à la suite des manifestations de la GenZ 212. Un autre militant, utilisant le pseudonyme « Mohammed », exprime un pessimisme profond : « Les jeunes au Maroc sont juste des petits éléments qui ne seront jamais capables de faire la différence. Ce n’est pas par manque d’énergie, mais parce qu’ils sont systématiquement contrôlés. »

Ni Youssef ni Mohammed n’envisagent de voter aux législatives du 23 septembre, affirmant ne plus croire au système politique marocain.

« Pratiquement rien n’a changé depuis »

Un an après le début de la contestation, le mouvement de la GenZ 212 n’a pas réussi à se transformer en une véritable offre politique. Ses partisans sont restés en dehors des structures militantes traditionnelles, et leurs idées n’ont pas influencé les partis politiques en campagne. Mehdi Alioua, professeur de sociologie à l’Université Internationale de Rabat, souligne : « Les revendications n’ont pas changé puisque rien ou pratiquement rien n’a changé depuis. La colère est toujours là, et il suffira d’un petit événement pour que ça reparte. »

Il ajoute : « Une fois que le buzz médiatique est passé, on oublie. Beaucoup de jeunes à l’origine de ce mouvement ont subi la répression, ont été arrêtés et condamnés, ce qui dissuade. »

La colère, transformée en désespoir, est toujours présente, comme en témoignent les récents événements tragiques à Ceuta, où plus de 70 000 migrants ont franchi la frontière espagnole avec des conséquences désastreuses.

Source : RFI.

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