
L’artisanat représente 20% des entreprises du secteur marchand dans la région. Face à une conjoncture qui se dégrade, la Chambre de métiers et de l’artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur veut renforcer son soutien aux entreprises artisanales.
« Chaque rentrée est compliquée, mais celle-ci est particulièrement tendue ». Lors de sa conférence de rentrée le 10 septembre, Yannick Mazette, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de la région depuis 2021, a exprimé son inquiétude face à la situation économique des entreprises artisanales.
La dernière enquête de conjoncture de l’Observatoire de la CMA, réalisée auprès de 2 000 artisans de la région, révèle que 43% des professionnels signalent une baisse de leur activité au premier semestre 2026, une augmentation de 13 points par rapport aux trois dernières années. De plus, 58% des artisans estiment que leur niveau d’activité est insuffisant.
Les artisans impactés par les hausses de prix
Les hausses de prix pèsent lourdement sur les entreprises. Près de la moitié des artisans ont été contraints de réduire leurs marges. En outre, 62% se disent fortement impactés par l’augmentation des coûts des matières premières, tandis que 55% ressentent l’impact de la hausse des prix du carburant.
Les perspectives d’investissement sont également préoccupantes. Seuls 24% des artisans prévoient d’investir au second semestre, une baisse de 7 points en un an, principalement pour renouveler leur matériel. Malgré ces difficultés financières, 84% des entreprises maintiennent ou augmentent leurs effectifs. Selon la CMA PACA, entre 8 000 et 10 000 chefs d’entreprise de la région pourraient perdre leur emploi d’ici la fin de l’année, ce qui représente environ 80 000 emplois à l’échelle nationale.
L’artisanat joue un rôle crucial dans l’économie régionale, représentant plus de 265 000 entreprises et 400 000 actifs, soit 20% du tissu économique marchand.
Transmission et avenir de l’artisanat
Yannick Mazette souligne que la question de la transmission s’ajoute aux difficultés conjoncturelles. Actuellement, 27% des dirigeants ont 55 ans ou plus, une proportion qui a presque doublé depuis 2016. Parmi eux, 8% envisagent de transmettre leur entreprise à court terme, ce qui concerne environ 19 000 entreprises. Le principal obstacle demeure la difficulté à trouver un repreneur adapté.
D’ici 2030, près de 54 000 entreprises artisanales de la région devront être transmises.
6 000 apprenants formés par an
Malgré le contexte difficile, la CMA continue d’investir dans la formation pour préparer l’avenir du secteur, avec un investissement de 66 millions d’euros dans ses centres de formation d’apprentis (CFA). Un neuvième CFA sera inauguré à Gap en octobre prochain, représentant un coût total de plus de 9,4 millions d’euros, dont 3 millions d’euros d’aides de la Région Sud. Les formations proposées incluent des métiers variés, tels que ceux de l’alimentation et de la coiffure.
La CMA PACA forme chaque année 6 000 apprenants, dont la moitié dans le Var, avec un taux d’insertion de 87%. Cependant, certaines spécialités, comme la ferronnerie ou l’ébénisterie, peinent à attirer les jeunes, avec parfois moins de douze élèves par classe.
Nouveaux dispositifs d’accompagnement
Yannick Mazette insiste sur le fait que « la CMA, c’est la maison des entreprises ». Trop d’artisans ne sollicitent pas l’aide de l’institution, ou le font trop tard, lorsque les difficultés sont déjà bien installées. Entre 30 000 et 50 000 entreprises sont contactées chaque année via les permanences, mais seulement 21 000 reçoivent un accompagnement concret.
Pour offrir un soutien sur me et gratuit, la CMA Paca lancera l’Artisanat Tour, un bus itinérant de conseil, qui parcourra les six départements de la région jusqu’en mai 2027. En octobre prochain, la CMA Paca introduira également le Pass CMA Liberté, une nouvelle initiative visant à simplifier la gestion quotidienne des entreprises artisanales.
Cette rentrée 2026 sera l’une des dernières de Yannick Mazette à la tête de la CMA, les élections étant prévues pour octobre 2027, avec un mandat prolongé d’un an.
Source : Made in Marseille

