C’est la paralysie générale !
Alors que les élèves et les enseignants de l’académie de Toulouse ont fait leur rentrée il y a quinze jours, les services informatiques sont toujours inaccessibles. Le rectorat as que tout est mis en œuvre pour un retour à la normale, sans pour autant donner un calendrier.
Voilà deux semaines que les agents de l’académie de Toulouse et les élèves ont retrouvé les bancs de l’école. Une rentrée complètement chamboulée par la cyberattaque qui a paralysé l’Éducation nationale. Un piratage d’une ampleur telle que les services informatiques de l’académie de Toulouse ne sont toujours pas rétablis.
Jennifer Pelissier, cosecrétaire du syndicat FSU-SNUipp Haute-Garonne, déclare : « C’est le black-out total ! Rien n’a bougé depuis le 19 août. C’est la paralysie générale. Concrètement, les accès sont impossibles aux outils métiers et aux bases de données. On ne peut pas badger aux entrées et sorties, il est impossible d’éditer le moindre document officiel et le blocage des serveurs fait peser une incertitude inacceptable sur le versement des salaires. »
De plus, le gel des signatures de contrat pour les AESH (Accompagnateurs d’élèves en situation de handicap) oblige ces derniers à se déplacer au rectorat pour récupérer leur convention. Jennifer Pelissier précise : « Toutes les sorties scolaires qui nécessitent des accompagnateurs sont annulées faute de pouvoir vérifier les agréments. »
Bien que des points réguliers soient faits entre les services du Ministère de l’Éducation et le rectorat, la situation reste inchangée. Un point positif est néanmoins souligné par Jennifer Pelissier : « Les enseignants ont fait une rentrée plus sereine. Au moins, ils peuvent se concentrer sur leur cœur de métier sans recevoir des injonctions administratives en permanence. »
Le rectorat a indiqué que les services départementaux de l’Éducation nationale sont pleinement mobilisés. « Cette semaine, les identités numériques des 55 000 comptes des personnels de l’académie ont été réinitialisées, » précise-t-il. Cette étape est essentielle pour la réouverture progressive des systèmes d’information, dirigée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).
Les enseignants ont reçu des consignes de sécurité, telles que l’interdiction d’utiliser leur téléphone portable personnel ou leur adresse email privée pour communiquer avec les élèves et leurs familles. En attendant, les élèves et leurs parents doivent s’armer de patience pour pouvoir utiliser l’ENT, ce qui les contraint à revenir à l’ancienne méthode avec le carnet de correspondance.
Le syndicat des chefs d’établissement ID-FO a réclamé le 9 septembre l’intégration dans le budget 2027 d’un plan numérique, ainsi qu’une prime pour l’ensemble des personnels mobilisés face à la surcharge de travail occasionnée. Cathy Rodier Hagenbach, secrétaire nationale d’ID-FO, a affirmé : « Cela fait longtemps qu’on alerte la direction numérique d’éducation sur un plan d’urgence. » Elle a également souligné que si les chefs d’établissement avaient une faille de sécurité, on leur demanderait des comptes.
Le syndicat demande que le futur budget de l’Éducation nationale prévoie des « systèmes vraiment sécurisés et réellement opérationnels, » ainsi qu’un accès fiable aux applications en établissement comme à distance, et un renforcement de la prévention et de la sensibilisation aux risques cyber.
Source : France 3 Régions

