Attal bien loti, des gros candidats dans le dur : où en est la course au financement de campagne pour 2027 ?
À 219 jours du premier tour de l’élection présidentielle de 2027, la question du financement des campagnes se pose avec acuité. Les candidats doivent non seulement naviguer dans un paysage politique compétitif, mais également faire face à des contraintes financières strictes. Les banques, souvent hésitantes à accorder des prêts, évaluent attentivement la réputation et les sondages des candidats, ce qui complique la tâche de certains d’entre eux, notamment Marine Le Pen et Bruno Retailleau.
Les dépenses d’une campagne présidentielle sont encadrées par la loi, fixant un plafond de 16,8 millions d’euros pour chaque candidat au premier tour, et jusqu’à 22,5 millions d’euros pour les deux qualifiés au second tour. Ces montants incluent toutes les dépenses, telles que la location de bureaux, les salaires, l’impression de tracts et l’organisation de meetings. L’État rembourse presque la moitié de ces coûts, mais seulement aux candidats ayant obtenu plus de 5 % des suffrages.
Le Rassemblement national, par exemple, rencontre des difficultés pour obtenir des financements bancaires, une situation récurrente lors des campagnes. En 2017, Marine Le Pen s’était tournée vers une banque russe, puis en 2022 vers une institution hongroise. Actuellement, le RN fait face à des refus de prêt de la part des banques françaises.
Jordan Bardella, président du RN, a récemment appelé les banques à faire preuve de responsabilité, soulignant que l’incapacité à financer un mouvement en tête des sondages serait préoccupante pour la démocratie française.
Bruno Retailleau, candidat des Républicains, se heurte également à des réticences bancaires, une situation accentuée par les résultats décevants de son parti lors des dernières élections. En 2022, Valérie Pécresse n’avait pas atteint le seuil de 5 %, ce qui lui a coûté un remboursement d’État et l’a contraint à faire appel aux dons.
D’autres partis, comme le Parti socialiste, semblent mieux préparés financièrement. Anne Hidalgo, malgré un score de 1,7 %, a mis de l’argent de côté, tandis que Jean-Luc Mélenchon mise sur de bons sondages pour sa campagne.
Dans le bloc central, Gabriel Attal se distingue avec un trésor de 20 millions d’euros, issu de la vente du siège de Renaissance, ce qui le rend moins dépendant des prêts. Édouard Philippe est le seul candidat à avoir confirmé un accord de prêt de 10 millions d’euros avec une banque française.
Les banques, cependant, restent prudentes, évaluant les risques financiers. Le climat actuel rend incertain le financement des candidatures, surtout pour des partis ayant des résultats fluctuants. La question de la création d’une « banque de la démocratie » pour soutenir les candidats n’a pas encore abouti, malgré les discussions gouvernementales sur le sujet.
Cette situation met en lumière les défis financiers auxquels font face les candidats, avec des implications potentielles pour la souveraineté des financements lors des campagnes électorales.
Source : RMC

