Souche Bundibugyo d'Ebola : urgence sanitaire internationale

Ebola : La souche Bundibugyo, une urgence sanitaire internationale

À la suite de la recrudescence des cas de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, la souche rare Bundibugyo suscite de vives inquiétudes au sein de la communauté sanitaire internationale. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que cette épidémie constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Cependant, cette situation ne répond pas aux critères d’une pandémie, selon le Règlement sanitaire international (RSI).

Le 19 mai 2026, l’OMS a signalé 30 cas confirmés dans la province d’Ituri en RDC et 2 cas en Ouganda, accompagnés d’un décès parmi deux personnes ayant voyagé depuis la RDC, ainsi qu’un citoyen américain transféré en Allemagne après avoir été diagnostiqué positif. Plus de 500 cas et 130 décès sont suspectés.

La maladie à virus Ebola a été identifiée pour la première fois en 1976 lors de deux flambées simultanées à Nzara (Soudan du Sud) et à Yambuku, en RDC. Les souches principales responsables des épidémies sont celles de Zaïre, Soudan et Bundibugyo.

Réservoir naturel et transmission

Le virus Ebola est naturellement hébergé par des chauves-souris frugivores et peut infecter diverses espèces animales, telles que les chimpanzés, les gorilles et certaines antilopes. La transmission à l’être humain se produit généralement lors d’un contact étroit avec des animaux infectés, notamment par l’exposition à leurs liquides biologiques ou par la consommation de viande de brousse contaminée.

La transmission interhumaine se fait par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne malade ou décédée, ainsi que par des objets ou surfaces contaminés. Les personnes infectées deviennent contagieuses dès l’apparition des symptômes, ce qui complique le contrôle de l’épidémie, notamment lors des cérémonies funéraires.

Symptômes de la maladie

Les premiers symptômes de la maladie à virus Ebola apparaissent généralement de 2 à 21 jours après l’infection et incluent :

  • Fièvre
  • Fatigue intense
  • Douleurs musculaires
  • Maux de tête
  • Maux de gorge

La maladie peut évoluer vers des vomissements, des diarrhées, des douleurs abdominales, des atteintes hépatiques et rénales, ainsi que des hémorragies dans les cas les plus graves.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic de la maladie à virus Ebola est complexe, en raison de symptômes initiaux peu spécifiques. Actuellement, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est validé pour la souche Bundibugyo. La prise en charge repose sur des soins de support intensifs, incluant la réhydratation et la gestion des défaillances d’organes.

Prévention et vaccination

Les mes de prévention reposent sur la détection rapide des cas et l’utilisation d’équipements de protection par le personnel soignant. Les mes d’hygiène de base, comme le lavage régulier des mains et l’évitement des contacts avec des personnes malades, sont essentielles pour limiter la transmission.

Actuellement, deux vaccins sont disponibles contre la souche Zaïre, tandis que d’autres candidats vaccins contre les souches Bundibugyo et Soudan sont en développement. Selon l’OMS, le risque de propagation du virus Ebola est jugé « élevé » en Afrique centrale, mais « faible » à l’échelle mondiale.

Conclusion

La situation actuelle autour de la souche Bundibugyo d’Ebola exige une vigilance accrue et une coordination entre les systèmes de santé pour limiter la propagation du virus. L’Institut Pasteur de Lille et d’autres institutions contribuent activement à la recherche et à la surveillance de cette maladie infectieuse émergente.

Article rédigé par le Dr Doriane Henry, chargée de communication scientifique à l’Institut Pasteur de Lille (IPL).

Source : Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

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