: Reportage

Ces enfants ne se croiseraient jamais : à Marseille, des classes d’écoles de quartiers très différents jumelées pour encourager la mixité sociale

Le programme éducatif Le Grand Bain, expérimenté depuis 2022 à Marseille, a permis, en 2026, à 1 300 élèves de participer à des jumelages entre écoles de quartiers aisés et populaires. L’initiative vise à encourager la mixité sociale dès l’école primaire.

Encourager la mixité scolaire et lutter contre l’entre-soi est l’objectif principal de ce programme. En effet, une classe de l’école Vincent Leblanc, située dans le 2e arrondissement, un quartier populaire, a été jumelée avec une classe de l’école Rouet Charles Alle, dans le 8e arrondissement, l’un des plus chics de la ville. Au cours de l’année scolaire, les élèves de CM1-CM2 ont collaboré à la création d’un podcast. Ketjona, 10 ans, témoigne : « On a commencé à s’envoyer des lettres, à se rencontrer. Eux sont venus dans notre école pour visiter notre quartier, et nous, on est partis dans leur quartier. »

Les visites ont permis aux enfants de prendre conscience des différences entre leurs environnements. Ritège, 9 ans, a remarqué que le 8e arrondissement était très différent de son propre quartier : « Il y avait des bâtiments très jolis comparés aux nôtres, qui sont un peu délabrés. »

Marion Chapulut, directrice de l’association CitizenCorps, qui a mis en place le programme, explique que l’objectif est de créer des liens entre des enfants qui ne connaissent pas la réalité sociale d’autres enfants vivant parfois à moins d’un kilomètre d’eux. Elle souligne : « Ces enfants ne se croiseraient jamais, ou de temps en temps au Vieux-Port, mais ils n’auraient pas l’idée de se parler. Ils n’ont pas du tout la même vie. »

Cependant, la prise de conscience des inégalités n’est pas toujours facile. Des tensions ont émergé, notamment lorsque des enfants de quartiers populaires ont remis en question les récits d’enfants de quartiers aisés vantant des piscines dans leurs jardins. Marion Chapulut évoque également les malentendus liés aux différences de niveau scolaire, certains élèves ayant mal interprété les fautes d’orthographe dans les lettres de leurs camarades.

Malgré ces défis, des amitiés se forment. Ketjona espère rester en contact avec Ritège : « Peut-être que je pourrai aller la voir ou que nos parents pourront s’échanger les numéros de téléphone. » En 2026, 35 classes d’écoles publiques et privées ont participé à ce programme, qui devrait s’étendre à d’autres villes dès la rentrée prochaine.

Source : Franceinfo

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *