Chimiothérapies par 5-FU : clarification sur l’adaptation des doses pour les patients

Chimiothérapies par 5-FU : la fin du flou autour de l’adaptation des doses 

Bonne nouvelle pour la sécurité des patients : l’INCa et l’ANSM fixent enfin des règles claires pour adapter les doses de 5-FU en cas de déficit partiel en DPD. Décryptage de ce qui change dès aujourd’hui.

Les fluoropyrimidines, dont le 5-fluorouracile administré par voie intraveineuse et la capécitabine sous forme de comprimés, sont parmi les chimiothérapies les plus prescrites pour le traitement des cancers du sein, digestifs et ORL. Cependant, ces médicaments présentent un risque significatif pour les patients souffrant d’un déficit en DPD (dihydropyrimidine déshydrogénase), l’enzyme responsable de l’élimination de la chimiothérapie. En l’absence de cette enzyme, le produit s’accumule dans l’organisme, entraînant des effets secondaires potentiellement graves, y compris des complications digestives et hématologiques.

Un dépistage obligatoire… mais des pratiques jusqu’ici hétérogènes

Depuis 2018, la me de l’uracilémie, permettant d’évaluer l’activité de l’enzyme DPD, est obligatoire avant toute première cure de 5-FU ou de capécitabine. Bien que cette me identifie clairement les déficits complets, la gestion des déficits partiels restait floue. Aucun barème national n’indiquait de manière uniforme la réduction de dose à appliquer, entraînant des pratiques variées entre les établissements et des inégalités de prise en charge.

Un barème national d’adaptation de dose dès la première cure

En réponse à cette situation, l’Institut National du Cancer (INCa) et l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) ont récemment publié un document clarifiant les réductions de dose à appliquer selon le niveau de déficit en DPD. Cette initiative vise à harmoniser les pratiques à l’échelle nationale.

INFO + : Pour des détails sur les adaptations de dose du 5-FU, consultez la page 10 du rapport de l’INCa.

Par ailleurs, l’abandon du “bolus”, méthode d’administration rapide et concentrée de la chimiothérapie, est également acté. Cela permet d’éviter des pics de concentration dans le sang, réduisant ainsi le risque de toxicité.

Fin des dérogations pour « urgence »

Les pratiques antérieures permettant de débuter un traitement sans avoir réalisé le dépistage de déficit en DPD en cas d’urgence sont désormais interdites. Les nouvelles directives stipulent qu’aucune situation clinique ne justifie d’initier un traitement sans le résultat préalable de l’uracilémie. Le délai d’obtention de cet examen étant de 7 à 10 jours, le démarrage du traitement doit être retardé jusqu’à réception des résultats.

Le suivi thérapeutique pharmacologique : recommandé mais peu implémenté

Il est crucial de réduire la dose initiale pour protéger le patient tout en maintenant l’efficacité du traitement. L’INCa recommande de réévaluer la posologie au fur et à me des cures, en tenant compte de la tolérance du patient. Un suivi thérapeutique pharmacologique (STP) est préconisé pour mer le niveau de chimiothérapie dans le sang et évaluer l’élimination du médicament par l’organisme. Toutefois, cette pratique reste peu courante en raison de contraintes organisationnelles.

Pour faciliter la mise en œuvre de cette pratique, un annuaire recensant les laboratoires capables de réaliser un STP est désormais disponible.

CE QU’IL FAUT RETENIR

Pour toute chimiothérapie par 5-FU ou capécitabine :

  • L’analyse de l’uracilémie est obligatoire avant la première cure.
  • Sans résultat = pas de perfusion : le traitement ne peut débuter sans le résultat.
  • Alertez immédiatement votre équipe en cas de fièvre, d’aphtes sévères ou de diarrhées importantes après la cure.

Source : INCa, ANSM

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