Lueurs Fauves : L’écosystème sensible d’Eve Campestrini
C’est au cœur de la vallée occupée par le Groupe Agricole d’Exploitation Collective (GAEC) de Montlahuc qu’Eve Campestrini compose Lueurs Fauves. Cette série vise à (ré)incarner le vivant par une approche poétique de l’image, mise à l’honneur par l’UPP durant la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles.
Depuis 2023, l’artiste tisse des liens avec le collectif habitant la vallée. La première version du GAEC, fondée dans une mouvance post-soixante-huit, interrogeait la société consumériste. Aujourd’hui, la deuxième génération gère un troupeau de près de 1 000 brebis et environ 1 000 hectares de terrains, composés principalement de landes, de forêts et de falaises. L’autrice souligne une volonté de créer un lien intime avec les éléments non domestiqués, afin de favoriser une hybridation de la pensée humaine.
Sur place, Campestrini découvre les outils mis en place par le collectif pour établir une relation au vivant, qu’elle qualifie de « poétique ». Parmi les acteurs présents, on trouve des semences anciennes, des barrages de castors et des réseaux de champignons. Son projet évolue au contact de ces éléments, illustrant l’importance des moments sans photographie.
Les images de Lueurs Fauves ne naissent pas immédiatement, mais germent au contact de la nature, reflétant un processus créatif qui va au-delà d’une simple série documentaire. L’artiste s’efforce de capturer les nuances du sensible, reconnaissant que le portrait de cette vallée nécessite une approche plus profonde.
Eve Campestrini, influencée par son éducation, évoque un regard instruit sur les fonctions du vivant. Elle affirme que son environnement d’enfance était habité, incarné, et non un espace neutre. Dans ses œuvres, les corps et les éléments naturels se croisent, cherchant à établir une osmose entre l’humain et la nature.
Source : Fisheye Magazine
