Réactions inflammatoires, rougeurs, risques de surinfection : les moustiques tigre sont de retour en ville
Après les canicules de cet été et l’absence de pluie, les moustiques tigre ont retrouvé des conditions favorables pour faire, eux aussi, leur rentrée en ce mois de septembre. « Tout Limoges est infestée », alerte la mairie qui appelle les habitants à supprimer les eaux stagnantes dans leur jardin.
Les températures redescendent, la pluie revient progressivement et les moustiques tigre en profitent pour faire leur retour. En ce début septembre, leur présence est bien visible. Un passant, aux mollets boursoufflés par les piqûres, témoigne : « Je ne m’y attendais pas en venant sur Limoges. J’ai des piqûres sur les bras et principalement sur les jambes. » Un autre habitant ajoute : « Pendant la canicule : rien. Quand il faisait très chaud, on ne se faisait pas du tout piquer, on ne les voyait pas. Là, on a un peu l’impression qu’ils se vengent. » Bien que la canicule ait asséché les zones de pontes, les larves de moustiques restent difficiles à éradiquer, capables de résister à des conditions environnementales très défavorables.
Conséquence de ce grand retour, les produits répulsifs, apaisants ou antiseptiques sont très demandés dans les pharmacies. Certaines ont dû réapprovisionner leurs rayons, alors même que l’été touche à sa fin. Simon Ostrowski, pharmacien adjoint à Limoges, explique : « Nous ne sommes pas en rupture de stock, mais souvent en flux tendu. On se rend compte, avec les fortes chaleurs et l’humidité ensuite, que les demandes sont sur le mois de septembre aussi. » Au mois d’août, de nombreux patients se sont présentés avec « des réactions cutanées assez impressionnantes », indique-t-il, mentionnant des réactions inflammatoires, des rougeurs conséquentes et des risques de surinfection.
Le moustique tigre peut transmettre des maladies comme la dengue, le chikungunya et le Zika. Le CHU de Limoges précise qu’aucun cas de maladie n’a été identifié cette année. Une surveillance renforcée des cas suspects est mise en place sur l’ensemble des départements de la région Nouvelle-Aquitaine, du 1er mai au 30 novembre 2026, période d’activité du moustique.
À Limoges, notamment dans les quartiers de Landouge, Panazol ou Rilhac-Rancon, de nombreux habitants se plaignent d’une infestation. Les récentes averses ont relancé la prolifération. Sabrina Martin, référente moustique-tigre à la mairie de Limoges, constate : « Après chaque épisode de pluie, nous savons que nous allons avoir des appels et des signalements. Depuis le 14 juillet, cela n’arrête pas. » Elle souligne que tout Limoges est infesté et que, comme les années précédentes, les habitants n’ont pas fait tout ce qu’il faut dans leur jardin.
La lutte contre ce nuisible est du ressort des communes. Sabrina Martin insiste sur l’importance d’une action collective : « À l’échelle d’un quartier, les voisins doivent s’emparer de cette problématique entre eux et faire ce qu’il faut dans les jardins. » La suppression des eaux stagnantes est essentielle pour stopper le cycle de reproduction.
Limoges a mis en place une application mobile, « Zzzapp », pour signaler la présence de moustiques tigre et recenser les gestes simples pour éliminer les gîtes larvaires. Des visites sont également proposées dans les jardins des particuliers, car les conseils à appliquer dépendent de l’environnement dans lequel évolue le moustique. À noter que ce dernier ne vit que dans un périmètre de 150 mètres.
Article écrit à partir du reportage de Cécile Descubes et Pascal Coussy.

