« Ça prend un peu de temps » : l’interdiction du portable au lycée peine à être mise en œuvre
Annoncée comme l’une des grandes nouveautés de la rentrée, l’interdiction du portable au lycée est encore loin d’être appliquée de manière uniforme. Selon une enquête de rentrée du SNPDEN-Unsa, seulement 24 % des chefs d’établissements interrogés ont modifié leur règlement intérieur pour intégrer cette interdiction et les sanctions correspondantes. Ce retard s’explique par un calendrier serré, la loi ayant été promulguée fin août, laissant peu de temps aux établissements pour se préparer adéquatement avant la rentrée. Seule une minorité de lycées a anticipé cette me avant l’été.
Malgré le soutien de 66 % des chefs d’établissement en faveur d’une régulation de l’usage des téléphones portables, la mise en œuvre concrète reste complexe. Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, souligne que l’élaboration de règles applicables nécessite du temps, de la concertation et des compromis. Une règle inapplicable pourrait engendrer un non-respect généralisé.
Des modalités d’application encore à définir
Les équipes éducatives doivent déterminer l’étendue de l’interdiction et identifier les situations où l’utilisation des portables pourrait être autorisée, en consultant le conseil de la vie lycéenne et le conseil d’administration. Bobkiewicz met en garde contre une interdiction totale, qui pourrait engendrer des problèmes de sécurité, les élèves pouvant être tentés de sortir de l’établissement durant les récréations.
De plus, l’utilisation de Pronote par les élèves pour consulter leur emploi du temps complique la situation, car des dérogations pour des raisons pédagogiques seront nécessaires. Les établissements doivent aussi décider comment gérer le stockage des téléphones : les garder dans les sacs, les déposer dans des boîtes ou utiliser des pochettes anti-ondes.
Enfin, même si l’interdiction est mise en place, elle ne résoudra pas tous les problèmes liés à l’usage des écrans. Bobkiewicz rappelle que le véritable enjeu reste le temps d’écran à la maison, qui pourrait annuler les effets de l’interdiction en milieu scolaire.
(*) Enquête réalisée en ligne auprès de 2 330 chefs d’établissements.

