En Indonésie, des repas gratuits révèlent les dérives d’une kakistocratie en place.

En Indonésie, la “dangereuse blague” des repas gratuits illustre la “kakistocratie”

En Indonésie, la “dangereuse blague” des repas gratuits illustre la “kakistocratie”

Une nouvelle série de cas d’intoxication alimentaire a été signalée en Indonésie, touchant environ 2 000 personnes en l’espace de trois jours, selon le média Kompas. Ces incidents sont liés au programme national de repas gratuits, connu sous le nom de makan bergizi gratis, mis en place principalement dans les écoles.

Lancé en 2025 par le président Prabowo Subianto, ce programme vise à lutter contre la malnutrition et les retards de croissance chroniques. Cependant, il a été entaché de nombreux scandales. D’après les données disponibles, près de 44 000 écoliers et membres du personnel scolaire auraient déjà été victimes d’intoxications alimentaires dans 36 provinces, le ministère de la Santé estimant que le nombre total de cas dépasse désormais les 50 000.

Malgré un budget alloué de 232 000 milliards de roupies indonésiennes, soit environ 11,3 milliards d’euros, les normes sanitaires semblent largement insuffisantes. Plus de 80 % des intoxications sont attribuées à des manquements aux procédures standards, tels que des repas préparés trop à l’avance, un stockage au-delà des dates limites de consommation, ainsi qu’un manque d’hygiène lors de la manipulation des aliments.

Dans une analyse, Yoursay.id souligne que la sécurité alimentaire ne repose pas uniquement sur la qualité des recettes, mais sur une chaîne d’approvisionnement complexe. Une seule défaillance peut compromettre l’ensemble du système et engendrer une « menace sanitaire systémique ».

Le média Omong-Omong critique non seulement l’exécution, mais aussi la conception du programme, qualifiant cette approche centralisée d’inefficace dans un pays à la géographie fragmentée. Il met en avant que les enfants les plus mal nourris sont souvent les plus difficiles à atteindre, alors que le programme privilégie des zones d’intervention plus accessibles.

Les difficultés rencontrées par le programme sont perçues comme un reflet d’une mauvaise gouvernance, d’un manque de transparence et d’un système de contrôle défaillant. Omong-Omong va jusqu’à qualifier le programme de « dangereuse blague », le décrivant comme une illustration d’une « kakistocratie », où le pouvoir est exercé par les plus incompétents.

Pour améliorer l’efficacité du programme, il est suggéré de revoir son ampleur et son ciblage afin de mieux répondre aux besoins des populations qui ne peuvent pas s’adapter à un modèle économique de cuisine centralisée.

Source : Kompas, Yoursay.id, Omong-Omong

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