Six ans de R&D et 70 000 € pour développer la brosse à dents Dyson en laboratoire.

6 ans de R&D et 70 000 € de labo : les coulisses du pari fou de la brosse à dents Dyson

Dyson : Le défi de la brosse à dents à 500 euros

Vendre une brosse à dents à près de 500 euros représente un pari audacieux. Pour justifier cette approche, Dyson a dû relever un défi d’ingénierie majeur : miniaturiser un équipement de pointe réservé aux laboratoires dans un manche étanche. Lors d’une table ronde, Jake Dyson a partagé les coulisses de ce projet innovant.

Alors que l’IFA de Berlin vient de se terminer, confirmant que l’intelligence artificielle quitte le cloud pour s’installer localement au cœur des appareils domestiques, Dyson s’inscrit pleinement dans cette tendance. La marque britannique se lance dans le secteur de la santé bucco-dentaire avec la CameraJet, une brosse à dents électrique dotée d’une micro-caméra et d’un jet d’eau.

Loin de se limiter à une fiche technique impressionnante et à un tarif élitiste (479 €), c’est la complexité de sa conception qui intrigue. Jake Dyson a révélé que l’idée d’une brosse à dents à jet d’eau intelligent avait été envisagée depuis près d’une décennie, mais que les limites technologiques avaient freiné son développement. Les premiers prototypes, encore en test il y a seulement un an, prenaient la forme d’encombrantes boîtes avec de multiples câbles.

Pour passer de ce stade de laboratoire à un objet grand public, le défi physique était de taille : intégrer dans un simple manche étanche un moteur d’oscillation, une pompe haute pression, une optique et une puce de traitement de pointe. Jake Dyson a déclaré : « C’est probablement le produit le plus complexe que nous ayons jamais conçu. Le vrai défi était d’intégrer l’équivalent de 70 000 livres sterling d’équipement de laboratoire dans un produit grand public qui tient dans la main. »

Dyson a mené une recherche scientifique approfondie pour comprendre la plaque dentaire et la morphologie des espaces interdentaires. Cela a permis de projeter le jet d’eau avec une précision millimétrique, délogeant les résidus sans blesser les gencives.

Pour garantir la précision du jet, la caméra intégrée doit non seulement filmer l’intérieur de la bouche, mais aussi comprendre ce qu’elle voit en temps réel. Cela a nécessité six ans de développement pour que l’apprentissage automatique de la caméra soit suffisamment précis pour repérer les espaces interdentaires et déclencher le jet. Les algorithmes de la CameraJet ont été alimentés avec plus de 500 000 images de bouches pour cartographier diverses morphologies et pathologies.

De plus, cette technologie repose sur un traitement local (Edge AI). Ainsi, la brosse à dents n’interroge aucun serveur pendant le brossage et aucune image de la bouche n’est stockée sur le cloud.

Toutefois, cette innovation impose des contraintes d’utilisation. Dyson prévoit de lancer son propre dentifrice, car l’utilisation d’un dentifrice traditionnel très moussant pourrait aveugler la caméra, entraînant une perte de précision de détection des espaces interdentaires d’environ 10 %. Les têtes de brosse interchangeables intégreront également une puce RFID, mesurant la pression exercée et alertant l’utilisateur en cas d’u.

Avec la CameraJet, Dyson ne se contente pas d’investir nos salles de bain ; la marque transforme ces espaces en véritables laboratoires de diagnostic miniature.

Source : 01net

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