Vendanges précoces en Alsace : un domaine viticole face au changement climatique
Du jamais vu dans le vignoble alsacien, cette année de vendanges est particulièrement précoce. Exemple dans un domaine viticole en agriculture biologique dans le Haut-Rhin.
Cette année, le domaine viticole Jean Becker, situé à Zellenberg dans le Haut-Rhin, a débuté ses vendanges le 18 août, marquant une tendance à la précocité qui se renforce d’année en année. Martine Becker, vigneronne, souligne que les vendanges avaient lieu vers le 11 novembre lorsqu’elle était enfant : « C’était tout à fait normal à l’époque. »
La récolte anticipée de cette année est attribuée aux fortes canicules et au manque de pluie. Pour gérer la récolte de ses 22 hectares en agriculture biologique, le domaine a fait appel à des étudiants, disponibles en août. Lucas Greiling, un jeune recrue, exprime son enthousiasme : « L’esprit d’équipe et la bonne humeur pendant cette période sont précieux. »
Martine Becker, qui a été Grand Maître de la confrérie Saint Étienne d’Alsace, note que les raisins de cette année sont petits mais de bonne qualité : « Il est rare qu’il n’y ait aucune maladie. Nous n’avons même pas besoin de les trier. » Cependant, cette qualité s’accompagne d’un rendement faible.
Jean-François Becker, responsable logistique, précise que son équipe me le degré de sucre des raisins tous les trois jours, afin de déterminer le moment idéal pour la récolte. « Avec les conditions climatiques changeantes, il n’est pas toujours facile de prendre la bonne décision, » ajoute-t-il.
Un défi supplémentaire se présente : les vins produits aujourd’hui atteignent souvent treize à quatorze degrés d’alcool, alors que ceux de son père ne dépassaient pas onze degrés dans les bonnes années. Martine Becker constate que la clientèle actuelle privilégie des vins plus légers.
Jean-Baptiste Becker, futur responsable du domaine, se prépare à relever ces défis. À l’approche de ses 26 ans, il déclare : « Si les étés continuent comme celui-ci, il va falloir s’adapter, peut-être en irriguant nos vignes ou en choisissant des cépages plus résistants à la sécheresse. »
Cette situation illustre les impacts concrets du changement climatique sur le secteur viticole, nécessitant des adaptations constantes pour préserver la qualité des produits.
Source : France 3 Régions

