Des dents de squelettes révèlent une consommation de drogue chez des chasseurs-cueilleurs il y a 25 000 ans
Une étude récente suggère que les chasseurs-cueilleurs vivant en Indonésie il y a 25 000 ans consommaient des substances psychoactives. Cette découverte est le fruit de recherches publiées le 9 septembre dans Science Advances, qui ont analysé deux squelettes remarquablement bien conservés trouvés sur l’île de Sulawesi en 2017 et 2018.
Les chercheurs ont observé une u dentaire importante et des traces de substances psychoactives sur les dents, indiquant que ces individus suçaient régulièrement des noix de bétel, des fruits du palmier Areca catechu. Cette substance est la quatrième la plus consommée au monde, après l’alcool, la caféine et la nicotine, et est chiquée par environ 600 millions de personnes, entraînant des problèmes de santé tels que des cancers oraux et des maladies cardiovasculaires.
Adam Brumm, de l’université Griffith de Brisbane, souligne l’importance de cette découverte : « Nous ne savons vraiment pas grand-chose sur les origines des substances psychotropes les plus consommées aujourd’hui. Il est fascinant de découvrir qu’il y a 25 000 ans, les chasseurs-cueilleurs avaient déjà recours à certaines plantes agissant sur la fonction cérébrale. »
Jusqu’à présent, les plus anciennes preuves de consommation de substances psychoactives chez l’humain incluaient des traces de brassage de bière en Israël datant de 13 000 ans et de mastication de feuilles de coca au Pérou, datant de 8 000 ans.
Pour cette étude, les scientifiques ont fait tremper des noix d’arec dans de la salive artificielle, révélant une quantité suffisante d’arécoline pour provoquer un effet euphorisant. Toutefois, le rôle exact de cette consommation reste incertain. Les auteurs avancent l’hypothèse qu’elle pourrait avoir servi à soulager des douleurs dentaires, bien que cette pratique ait pu entraîner des douleurs supplémentaires à long terme.
Cette recherche ouvre une nouvelle perspective sur l’utilisation des substances psychoactives dans les sociétés anciennes et leur impact sur la santé.
Source : Science Advances

