Travail : 40 % des salariés en France expriment des inquiétudes face à un tournant historique

Travail : tournant historique en France, mais 4 salariés sur 10 inquiets

Tournant historique en France : l’intensité du travail en recul, mais des inquiétudes persistent

Pour la première fois en quarante ans, l’intensité du travail en France diminue, selon une étude de la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Cette étude, menée auprès de plus de 25 300 salariés entre juillet 2024 et avril 2025, révèle que 41 % des salariés doutent de leur capacité à maintenir leur poste jusqu’à la retraite, une hausse de trois points par rapport à 2016.

La Dares souligne que cette baisse ne compense pas l’augmentation observée durant les quatre dernières décennies. Les indicateurs demeurent élevés, illustrant des disparités significatives selon les catégories professionnelles.

Une baisse de l’intensité inégalement répartie

Entre 2016 et 2024, la proportion de salariés confrontés à au moins trois contraintes de rythme est passée de 43 % à 38 %. Ces contraintes incluent la cadence automatique des machines, des délais de production serrés et une surveillance hiérarchique constante. Bien que la baisse soit observée dans presque toutes les catégories professionnelles, elle stagne pour les employés peu qualifiés, à 32 %.

Les ouvriers peu qualifiés enregistrent une diminution marquée de dix points, passant de 52 % à 42 %. Les ouvriers qualifiés, quant à eux, affichent une baisse plus modeste de deux points, atteignant 55 %. En 2024, seuls 39 % des cadres rapportent travailler souvent sous pression, une diminution de quatre points depuis 2016. En revanche, la pression augmente chez les employés peu qualifiés, atteignant 44 %.

Le télétravail, levier d’amélioration pour les cadres

Le télétravail apparaît comme un facteur d’amélioration des conditions de travail pour les cadres. En 2024, 16 % des salariés télétravaillent habituellement, et 9 % le font occasionnellement. Parmi les cadres, 44 % travaillent régulièrement à distance, bénéficiant d’une amélioration des exigences émotionnelles et des relations sociales au travail.

Cependant, les employés exerçant des métiers peu compatibles avec le télétravail constatent une détérioration de certains indicateurs, notamment en matière d’insécurité de la situation de travail.

Des contraintes physiques toujours présentes

Malgré la baisse de l’intensité du travail, la pénibilité physique reste élevée. Quatre salariés sur dix sont exposés à au moins trois contraintes physiques, un chiffre stable depuis 2016. Ces contraintes incluent le fait de rester debout longtemps, de porter des charges lourdes et d’adopter des postures pénibles. Certaines catégories, comme les employés qualifiés et peu qualifiés, voient même une dégradation de leur situation.

Les hommes, souvent ouvriers, rapportent davantage de contraintes physiques que les femmes, bien que l’écart se réduise légèrement.

Une crainte croissante de ne pas tenir jusqu’à la retraite

Malgré les améliorations observées, 41 % des salariés ne se sentent pas capables de travailler jusqu’à la retraite, une augmentation de trois points depuis 2016. Cette inquiétude est particulièrement ressentie par les employés peu qualifiés et les plus âgés, tandis que les craintes concernant l’emploi à court terme diminuent, reflétant un marché du travail plus favorable.

Source : Dares

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