« Tu as l’impression que tu vas étouffer » : la poussière rend malades les ouvriers d’une mine d’Imerys
Michel, ancien ouvrier de la mine d’Imerys à Glomel, en Bretagne, témoigne de son expérience alarmante : « Combien de fois j’ai dû débourrer les machines engorgées par la poussière ! Je devais ouvrir une trappe et passer une heure ou deux dans un nuage de fines particules. J’étais blanc de la tête aux pieds et j’arrivais à peine à respirer. J’en ai pleuré, parfois ! » Aujourd’hui retraité, il souffre de silicose, une maladie pulmonaire incurable due à l’inhalation de poussière de silice.
Contexte factuel
L’andalousite, un minéral à haute teneur en silice cristalline, est extrait dans cette mine, classée comme carrière. Ce site de 265 hectares emploie une centaine de personnes pour produire des fibres céramiques réfractaires, dont les propriétés sont similaires à celles de l’amiante. Le docteur Alain Carré, médecin du travail, souligne que ces poussières sont « extrêmement dangereuses » et peuvent causer des maladies graves, y compris le cancer des poumons.
Données ou statistiques
Une note de service d’Imerys indique que sur six postes de travail contrôlés entre 2021 et 2023, seulement deux étaient conformes aux réglementations en matière de sécurité. De plus, le Code du travail stipule que lorsque les valeurs limites d’exposition professionnelle sont dépassées, l’employeur doit suspendre le travail jusqu’à ce que des mes de protection soient mises en place.
Conséquence directe
Les ouvriers, notamment les intérimaires, sont exposés à des niveaux de poussière préoccupants. Les témoignages révèlent une absence de mes de sécurité suffisantes, laissant les employés vulnérables aux effets nocifs de leur environnement de travail. Cédric Gouagout, un autre ancien ouvrier, a déjà été reconnu comme travailleur handicapé à cause de l’exposition à ces poussières, témoignant de l’impact durable sur la santé des employés de la mine.
Source : Splann !

