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L’océan mondial a franchi un seuil alarmant le 10 septembre, marquant 100 jours de surchauffe continue. Depuis le 2 juin, la température moyenne de surface (hors zones polaires) a systématiquement dépassé les précédents records journaliers, selon un collectif de scientifiques spécialisés dans l’océanographie, s’appuyant sur les données fournies par l’Agence étasunienne d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).
Des données préliminaires indiquent que la température de surface moyenne de l’océan pourrait avoir atteint un niveau record le 23 août, avec 21,24 °C, dépassant le précédent record de 21,17 °C enregistré en mars 2024.
« 2026 bat déjà tous les records en matière de chaleur océanique »
« Les dernières données montrent que l’année 2026 bat déjà tous les records en matière de chaleur océanique », a déclaré Zachabry Labe, climatologue chez Climate Central. « Cette tendance devrait se poursuivre en 2027 et au-delà si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites. »
Une claque
Les conséquences de ces records de température, liés au changement climatique, sont significatives. « Le réchauffement des océans perturbe la pêche et les systèmes alimentaires, endommage les récifs et les plages nécessaires au secteur du tourisme, met à rude épreuve les infrastructures énergétiques et favorise les phénomènes météorologiques extrêmes qui affectent les populations côtières », a déclaré Tom Pickerell, directeur mondial du programme océanique du World Resources Institute. « Cela devrait préoccuper l’ensemble des ministres de l’Économie, pas seulement ceux de l’Environnement. »
La France n’est pas épargnée. Cet été, ses côtes ont connu plusieurs mois de canicule quasi ininterrompue, avec des records de température battus environ un jour sur deux. Dans le golfe de Gascogne, la température mensuelle moyenne a dépassé de 3,1 °C la normale, tandis qu’en Méditerranée et dans la Manche, les températures ont respectivement augmenté de 3 °C et 2,3 °C, des niveaux jamais observés depuis le début des mes en 1981.
Ces variations de température se produisent à une vitesse supérieure à la capacité d’adaptation de certains écosystèmes. « On se retrouve avec des températures qui sortent des niches thermiques des espèces, c’est-à-dire de leurs conditions optimales de développement et de reproduction », a expliqué Thibault Guinaldo, chercheur au Centre national de recherches météorologiques (CNRM). La seule manière de limiter les dégâts serait d’atteindre le zéro émission nette.
Source : NOAA, Climate Central.

