Des ouvriers de la mine d’Imerys tombent malades à cause de la poussière toxique.

« J’ai commencé à avoir peur après le décès d’un énième salarié » : la poussière rend malades les ouvriers d’une mine d’Imerys

J’ai commencé à avoir peur après le décès d’un énième salarié

La mine d’Imerys à Glomel, en Bretagne, est le théâtre d’une crise sanitaire silencieuse. Les ouvriers, exposés à des poussières d’andalousite riches en silice cristalline, souffrent de maladies graves, dont la silicose, une affection pulmonaire incurable. Michel, un ancien salarié, témoigne : « Combien de fois j’ai dû débourrer les machines engorgées par la poussière… J’étais blanc de la tête aux pieds et j’arrivais à peine à respirer. J’en ai pleuré, parfois. » Ce retraité a récemment appris qu’il était atteint de silicose, une maladie souvent associée aux conditions de travail des mineurs.

Des poussières « extrêmement dangereuses »

L’andalousite est classée comme un agent chimique dangereux selon le Code du travail. Les travaux exposant à la silice sont reconnus comme cancérogènes et peuvent entraîner le cancer des poumons. Le docteur Alain Carré, médecin du travail, souligne que ces poussières sont « extrêmement dangereuses ».

La mine de Glomel, qui s’étend sur 265 hectares, emploie environ une centaine de personnes pour l’extraction de ce minéral, utilisé dans la fabrication de fibres céramiques réfractaires. Le processus de broyage, qui réduit le minéral à des particules fines, augmente la toxicité des poussières inhalées par les ouvriers.

Les risques d’exposition

Patrick Brochard, spécialiste des particules inhalées à l’université de Bordeaux, précise que la silice est plus toxique lorsqu’elle est fraîchement broyée, car elle pénètre facilement dans les poumons, provoquant des lésions irréversibles. Les témoignages d’intérimaires, comme Nicolas, révèlent que les conditions de travail sont alarmantes : « Dans mon atelier, il y a un nuage de poussière en permanence. »

L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) recommande des mes strictes pour limiter l’exposition à la silice, notamment l’utilisation de systèmes de captage à la source. Cependant, des documents internes d’Imerys montrent que l’entreprise rend obligatoire le port de masques FFP3 pour certaines tâches, mais ces protections sont souvent négligées en raison de leur inconfort.

Conséquences sur la santé

Cédric Gouagout, un autre ancien salarié, a été reconnu comme travailleur handicapé après avoir développé un syndrome de Brooks, une réaction pulmonaire liée à l’exposition à la poussière. Il explique que, malgré ses efforts, il est désormais incapable de réaliser des tâches simples, comme laver sa voiture.

Une note de service d’Imerys indique que sur six postes de travail, seulement deux sont conformes aux normes de sécurité. Le Code du travail stipule que l’employeur doit arrêter le travail si les valeurs limites d’exposition sont dépassées, mais cela ne semble pas être appliqué.

Conclusion

La situation à la mine d’Imerys soulève de graves questions sur la santé au travail et la protection des ouvriers. Les témoignages et les données recueillies illustrent une réalité préoccupante pour la sécurité des travailleurs dans ce secteur. La lutte pour des conditions de travail décentes et la protection de la santé des employés est

Cette enquête a été réalisée par le média d’investigation breton Splann.

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