Mort de Frederico Martín Aramburú : Un enquêteur témoigne à la cour d’assises de Paris
Mercredi, la cour d’assises de Paris a entendu le directeur d’enquête de flagrance concernant les circonstances ayant conduit à la mort du rugbyman Frederico Martín Aramburú, survenue le 19 mars 2022. Ce troisième jour de procès a vu l’accusation et la défense tenter de faire valoir leurs arguments.
Le commissaire en charge de l’enquête a affirmé qu’aucun motif raciste n’avait été identifié à l’origine de l’altercation survenue au Mabillon ce soir-là. Interrogé par le président de la cour, il a décrit cet incident comme « inhérent à la vie parisienne nocturne », soulignant que des personnes alcoolisées perdent souvent le contrôle. Il a noté que bien que ces altercations soient fréquentes, elles ne se terminent pas toujours tragiquement. Le policier a également mentionné que la situation aurait pu être différente si les rugbymen avaient quitté l’hôtel quelques instants plus tard, ce qui aurait permis d’éviter la rencontre avec leurs agresseurs.
Les armes et leur exposition
L’avocat des parties civiles, Me Yann Le Bras, a interrogé le commissaire sur la collection d’armes de Romain Bouvier, chez qui 17 armes à feu et un millier de cartouches avaient été retrouvées. L’enquêteur a précisé qu’une telle collection n’était pas habituelle et a évoqué le désordre dans lequel ces armes avaient été trouvées. La défense a contesté cette présentation, affirmant que les photos montrées avaient été prises après l’intervention de la BRI.
Éléments troublants de l’enquête
Lors d’une série de questions, l’enquêteur a mentionné que le fait d’avoir deux tireurs et de vider un chargeur n’était pas courant, ajoutant que « ceux qui veulent tuer vident leur chargeur ». Les deux accusés, Romain Bouvier et Lyson R., ont effectivement tiré respectivement quatre et six balles. L’avocat général a ensuite demandé si Loik Le Priol avait intensifié la tension en provoquant un autre individu, ce que le policier a confirmé.
Proximité avec la victime
Un autre sujet de débat a porté sur la relation entre l’enquêteur et la victime, Aramburú. La défense a soulevé des questions sur l’impartialité de l’enquête, étant donné qu’un des enquêteurs avait été rugbyman professionnel dans le même club que la victime. Le policier a assuré qu’il n’était pas au courant de cette proximité.
Anomalies dans l’enquête
L’audition a également mis en lumière des anomalies, comme la visite d’un policier non affecté à l’affaire dans la cellule de Lyson R., qui lui a donné des conseils non sollicités. Ce comportement a été qualifié de faute professionnelle.
Conclusion
Le procès se poursuit avec des éléments de preuve et des témoignages qui continuent d’éclairer les circonstances de cette tragédie.
Source : Actu Juridique.

