Les mieux payés ne peuvent pas se permettre « de glandouiller » : la transparence salariale déjà en place dans certaines entreprises
Le projet de loi transposant la directive européenne sur la transparence des salaires sera présenté ce jeudi en conseil des ministres. Toutefois, certaines entreprises ont déjà anticipé cette pratique, à des degrés divers, et parfois en suscitant des critiques syndicales.
Cette directive, adoptée il y a trois ans, vise à réduire les écarts de rémunération à poste équivalent, notamment entre les femmes et les hommes. Elle permettra aux salariés d’obtenir des informations sur le niveau de rémunération de leurs collègues occupant des postes comparables. Selon une étude du cabinet Robert Walters, à la fin de l’année 2025, 54 % des entreprises ne seraient pas prêtes pour son application.
Des « bandes de rémunérations » chez Ikea
Le géant de l’ameublement Ikea, qui emploie plus de 12 000 personnes en France, a mis en place des « bandes de rémunérations ». Selon Olivier Gondry, DRH du groupe, cette classification est complexe en raison de la diversité des métiers. À l’intérieur de chaque bande, des niveaux minima, médians et maximums sont établis pour récompenser la montée en compétence et en performance. Cependant, ces bandes n’ont pas été négociées avec les syndicats, ce qui a conduit à des critiques sur leur clarté.
Salaire du voisin chez Alan
L’asur santé Alan, qui compte 900 salariés, a opté pour une transparence salariale dès sa création en 2016. Paul Sauveplane, DRH d’Alan, indique que les salaires sont non négociables et basés sur les compétences. Cette approche permet aux employés de connaître le salaire de leurs collègues, ce qui incite à une évaluation collective des performances.
Éviter les fantasmes
La start-up Satelia, spécialisée dans le suivi à distance des patients, applique également cette transparence salariale. Nicolas Pagès, son fondateur, souligne que cette méthode est utile pour la communication et exerce une pression sur les employés bien rémunérés pour qu’ils soient productifs. Audrey Labèque, responsable qualité, ajoute que cela permet de vérifier l’équité salariale entre hommes et femmes.
En somme, bien que la directive sur la transparence salariale ne soit pas encore pleinement mise en œuvre, certaines entreprises adoptent déjà des pratiques visant à clarifier les rémunérations, ce qui pourrait avoir des implications significatives pour l’équité salariale à l’avenir.
Source : BFM TV

