Un atlas des technologies numériques en libre accès redessine la géographie à l’ère de l’intelligence artificielle
En combinant des bases de données en sources ouvertes sur les installations numériques et leur consommation énergétique, le média Next offre une cartographie mondiale des infrastructures sur lesquelles repose la planète tech.
Les espaces virtuels à travers lesquels nous surfons s’appuient sur des infrastructures bien physiques. Ces infrastructures, telles que les serveurs de stockage de données, les sites de production électrique et les plans d’eau utilisés pour le rafraîchissement des équipements, mobilisent des ressources réelles. Ainsi, les mondes numériques dépendent d’infrastructures qui redessinent le paysage.
Pour rendre cette information accessible au plus grand nombre, Next a élaboré un atlas mondial en accès libre, constitué de données « open source », mises à disposition du public. Cet atlas révèle la localisation des centres d’hébergement de données des principaux acteurs du marché, tels que Microsoft, Meta et Apple, ainsi que leur consommation électrique et leur intensité carbone, c’est-à-dire la quantité de CO₂ émise pour leurs activités. Il intègre également le tracé des câbles sous-marins et la carte du stress hydrique, indiquant les régions où les besoins en eau surpassent les ressources disponibles.
L’importance de combiner des sources d’information en accès ouvert, ou « open data », permet de superposer différents niveaux de lecture. Les cartes de la communauté Open Street Map, qui rivalisent avec les offres commerciales, sont enrichies par des bases de données d’instances à but non lucratif. Par exemple, le World Resource Institute (WRI) met à disposition des cartes documentant les tensions hydriques, tandis qu’en France, le site OpenData Réseaux – Énergie (Odré) agrège les données des transporteurs d’énergie.
Cet atlas est destiné à devenir un projet collaboratif hébergé sur GitHub, permettant des mises à jour et l’enrichissement des informations. Il offre également un historique des éditions antérieures des cartes, permettant de constater l’évolution des infrastructures depuis les années 1950/1960 en France et jusqu’à une dizaine d’années pour d’autres régions du monde. Cela démontre que la révolution numérique façonne bel et bien le territoire, tout en soulignant la nécessité d’en limiter les effets néfastes. L’accès à l’information est un outil essentiel pour cette protection.
Source : Franceinfo
