La formation de la Lune pourrait avoir été beaucoup plus rapide que prévu
Une nouvelle étude publiée le 1er septembre dans The Astrophysical Journal Letters suggère que la Lune s’est formée en seulement cinq heures après la collision avec Théia, un corps de la taille de Mars, il y a environ 4,5 milliards d’années. Ce constat remet en question les théories antérieures qui estimaient que ce processus d’accrétion s’étendait sur des mois, voire des dizaines d’années.
Contexte de la recherche
Historiquement, la théorie de la formation de la Lune, proposée dans les années 1970 par William Hartmann et Donald Davis, a été développée par Robin Canup en 2001. Cette théorie postule qu’un impact violent entre Théia et la proto-Terre a projeté d’énormes quantités de débris en orbite, formant un disque de matière à partir duquel la Lune s’est agrégée.
En 2022, une étude menée par Jacob Kegerreis (NASA Ames / Université de Durham) a déjà suggéré que la formation de la Lune pouvait avoir eu lieu en quelques heures, une hypothèse maintenant renforcée par la recherche récente dirigée par Adeene Denton du Southwest Research Institute (SwRI).
Détails de l’étude
Cette nouvelle étude intègre, pour la première fois, des facteurs tels que la température interne et la rigidité des matériaux de Théia. Ces éléments sont cruciaux car un corps plus chaud est plus malléable et se déforme plus facilement lors d’un impact. Le fait que Théia ait pu être suffisamment chaude au moment de la collision aurait modifié la dispersion des débris, conduisant à une formation plus rapide de la Lune.
Les simulations numériques montrent que si l’impact s’était produit moins de 60 millions d’années après la formation du Système solaire, Théia aurait été suffisamment chaude pour que ses couches externes se désintègrent complètement, permettant ainsi à la Lune de se former en à peine cinq heures. En revanche, si l’impact s’était produit entre 100 et 150 millions d’années plus tard, Théia aurait été plus froide, entraînant une accrétion plus lente.
Conséquences potentielles
Cette découverte pourrait avoir des implications significatives pour la datation de l’impact et la compréhension des caractéristiques de la Terre primitive. Les chercheurs espèrent que des études futures confirmeront ces résultats, ce qui pourrait fournir des repères temporels précieux pour retracer l’histoire géologique de notre planète.
Source : The Astrophysical Journal Letters

