La Bretagne intérieure, terre d’accueil pour 700.000 néoruraux d’ici 2050
Face à l’accélération du changement climatique et à la raréfaction des ressources énergétiques, le géographe Guillaume Faburel propose de désengorger les métropoles au profit de certaines zones rurales. Dans son ouvrage Où habiter, coécrit avec Isabelle Brokman, il identifie sept espaces en France capables d’accueillir jusqu’à 5 millions de néoruraux d’ici 2050, à condition d’adapter leur mode de vie. Parmi ces espaces, la Bretagne intérieure, s’étendant des Monts d’Arrée à la forêt de Brocéliande, est mise en avant.
Faburel évoque un besoin croissant de quitter les grandes villes, devenues « de moins en moins vivables ». Son livre, à paraître en septembre 2026, suggère que la région des « Collines de Bretagne » pourrait accueillir environ 700.000 nouveaux arrivants d’ici 2050, tout en préservant l’équilibre écologique et les spécificités culturelles locales.
Le géographe, également coordinateur du mouvement Post-Urbain, souligne que 5 millions de personnes devraient quitter les grandes villes d’ici 2050, un phénomène déjà en cours avec un exode annuel de 100.000 habitants des métropoles, aggravé par la pandémie de Covid-19.
Sur une carte de France, Faburel et ses collègues ont identifié ces espaces en se basant sur une trentaine de critères, regroupés en trois catégories : environnement, économie et inégalités sociales. Les « Collines de Bretagne » se distinguent par leur faible densité urbaine, leur biodiversité et leur diversité agricole.
Concernant le marché immobilier, Faburel note que 11% des logements dans cette zone sont vacants, un chiffre supérieur à la moyenne nationale de 7,2%. Il insiste cependant sur le fait que cet espace ne doit pas devenir un lieu de villégiature pour les plus privilégiés, appelant à un changement de modèle économique et à une organisation politique locale pour gérer cette transition.
Enfin, il met en garde contre les tensions potentielles entre néo-ruraux et habitants locaux, soulignant la nécessité de créer un dialogue constructif pour éviter les conflits culturels et sociaux. À la fin de son ouvrage, il propose des recommandations pratiques pour les futurs arrivants, insistant sur l’importance de s’acclimater à la vie locale.
Source : Guillaume Faburel, Où habiter, éditions Tana, à paraître en septembre 2026.

