En Ukraine, le bilan des victimes civiles atteint un niveau inédit depuis quatre ans
La guerre en Ukraine continue de faire des ravages, touchant désormais le cœur des villes, bien au-delà des lignes de front. En mai, le pays a enregistré plus de 2 000 victimes civiles, un bilan le plus lourd depuis avril 2022, au début de l’invasion russe à grande échelle.
Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine (HRMMU), au moins 274 personnes ont été tuées et 1 763 autres blessées au cours de ce seul mois. Ces chiffres révèlent une évolution préoccupante du conflit : la menace ne se limite plus aux zones de combat. Les frappes russes ciblent de plus en plus les centres urbains éloignés des affrontements, exposant les habitants à des attaques constantes par missiles, bombes guidées et drones.
Danielle Bell, cheffe de la HRMMU, a déclaré : « L’intensification des hostilités et le recours accru à des armes lourdes dans les zones urbaines ont entraîné une explosion du nombre de civils tués et blessés dans l’ensemble du pays ». La hausse des pertes civiles, traditionnellement liée à la saison, atteint cette année des niveaux sans précédent.
L’utilisation d’armements à fort pouvoir destructeur est en grande partie responsable de cette augmentation dramatique. Par exemple, le 5 mai, des bombes aériennes ont frappé une zone industrielle à Zaporijjia, faisant 12 morts et 42 blessés. Neuf jours plus tard, un missile a touché un immeuble résidentiel à Kyiv, tuant 24 personnes.
Les attaques ne se limitent plus aux communautés proches de la ligne de front. L’ONU a également documenté la mort de 21 civils lors d’une frappe nocturne sur un complexe éducatif à Starobilsk, dans la région de Louhansk, entre le 21 et le 22 mai.
Une autre évolution notable est l’usage croissant de drones de courte portée, qui ont causé au moins 64 morts et 539 blessés en mai, un record depuis le début du conflit en février 2022. À Kherson, ces drones sont responsables de près de la moitié des décès civils recensés.
Cette situation met en lumière la gravité d’un conflit qui s’enracine dans la vie civile. Plus de quatre ans après le début de l’invasion, les Ukrainiens continuent de subir les conséquences de la guerre, touchés dans leurs maisons, au travail ou dans la rue, à des centaines de kilomètres des lignes de front.
Source : Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine (HRMMU)
