Rencontre entre Myriam Djebour et Sabrina Askelou sur les enjeux de la coopération culturelle.

Rencontre avec Myriam Djebour et Sabrina Askelou
Myriam Djebour, du cinéma Les Carmes à Orléans © Coralie Vallée / Sabrina Askelou, des cinémas Méliès de Saint-Étienne © Ra2-Photographie

Le Groupe 15-25 de l’AFCAE organise, ce vendredi 11 septembre au Caméo Saint-Sébastien de Nancy, un événement dédié au public jeune. Cette initiative marque l’évolution d’un collectif, anciennement un simple comité.

Pourquoi avoir décidé d’organiser cette matinée ?

Myriam Djebour : Lors des Rencontres nationales Art et Essai Jeune Public de Saint-Étienne l’an dernier, une discussion a mis en lumière les défis d’accueillir des publics variés au sein des cinémas. Il est essentiel d’adapter notre approche aux différences entre ces publics. Nous avons donc jugé important de créer un espace de réflexion plus large pour le Groupe 15-25, d’autant plus que les médiateurs pour le jeune public sont souvent les mêmes que ceux pour les jeunes adultes. L’initiative suscite un grand intérêt, avec de nombreux participants prolongant leur séjour pour cet événement.

Comment a été pensé le déroulé de la matinée ?

MD : Nous avons prévu un temps « pratico-pratique » avec des propositions concrètes pour que les participants repartent avec des idées d’ateliers et d’actions à mener dans leurs salles. Il y aura un atelier Escape Game, un atelier Loups-Garous, ainsi qu’une discussion sur la conception d’un cycle de films de genre.

Le thème de cette matinée est lié à l’opération Terreur Nocturne, qui se déroulera fin octobre. Ce thème porte sur les films de genre…

MD : Nous avons beaucoup discuté du cinéma de genre, car il soulève des questions sur son accompagnement. Certains films d’horreur peuvent en effet s’intégrer dans la ligne éditoriale des salles art et essai. L’opération Terreur Nocturne est de plus en plus populaire et rassemble de nombreux cinémas, nous souhaitons donc accompagner ce succès.

Sabrina Askelou : Le cinéma de genre peut parfois intimider certains adhérents. Cette matinée vise à mettre en avant ce type de cinéma tout en affirmant que chaque salle peut s’en emparer. Nous projetons également Méli-Mélo de Leah Nelson, une œuvre d’animation qui peut être considérée comme un film de genre.

La Gen Z semble moteur dans le succès de films comme Obsession ou Backrooms cette année. Comment se positionnent les salles art et essai face à cette tendance ?

MD : Nous sommes à la croisée de deux courants. Traditionnellement, les spectateurs fréquentent les salles art et essai jusqu’à 10 ans, puis se tournent vers les cinémas généralistes. Cependant, de plus en plus de salles art et essai programment de nouvelles typologies d’œuvres. Cela pose des défis, notamment la réticence de certains distributeurs à considérer notre public comme leur cible.

SA : Nous avons débattu de choix de programmation diversifiés, ce qui soulève des questions sur nos valeurs et notre capacité à attirer les jeunes. Le public jeune est hétérogène, avec des différences notables entre les 15-18 ans et les 19-25 ans.

Avec l’organisation de cette matinée, et le passage du comité 15-25 en un Groupe au sein de l’AFCAE, peut-on s’attendre à de futures Rencontres nationales art et essai 15-25 ?

MD : Cette matinée est aussi l’occasion de réfléchir à la forme que pourrait prendre un futur rendez-vous. Nous devons rester ouverts et attentifs aux évolutions sur les réseaux sociaux et dans nos cinémas, et aller à la rencontre du public jeune.

SA : Nous réfléchissons à notre évolution, et l’éventualité de créer nos propres Rencontres fait partie de cette réflexion, tout comme les nouveaux outils à proposer aux adhérents. Tout reste à construire.

Source : Box Office Pro.

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