Pourquoi avons-nous besoin d’une éducation au vieillir ? La sociologue Mélissa-Asli Petit déconstruit le récit du déclin
Dans son ouvrage S’autoriser à vieillir, la sociologue Mélissa-Asli Petit interroge les perceptions négatives associées au vieillissement, souvent perçu sous l’angle du déclin. Elle plaide pour une véritable « éducation au vieillir », qui aborde des thématiques variées telles que la créativité, l’engagement, la transmission, les inégalités sociales, l’urbanisme et les politiques publiques.
Petit souligne que le vieillissement est souvent associé à des stéréotypes négatifs, alimentés par des représentations sociales et des politiques publiques qui renforcent l’âgisme. Elle insiste sur l’importance de repenser notre rapport à l’âge, en proposant un regard qui valorise l’expérience et les contributions des personnes âgées.
L’éducation au vieillir, selon Petit, doit commencer dès l’enfance. Cela inclut des initiatives telles que l’intégration de personnages âgés dans la littérature jeunesse et des représentations diversifiées dans les médias. Elle évoque également la nécessité de créer des espaces propices aux rencontres intergénérationnelles, permettant de combattre les stéréotypes liés à l’âge.
Bien que des figures emblématiques comme Gloria Steinem et Susan Sarandon aient montré que l’engagement peut être une manière de s’autoriser à vieillir, Petit rappelle que la créativité et la liberté d’expression sont également essentielles dans cette dynamique. Elle observe que de nombreuses personnes plus âgées s’engagent dans des activités artistiques ou militantes, prouvant que le vieillissement peut être synonyme de renaissance et de joie.
Petit souligne également les défis posés par les politiques publiques actuelles, qui tendent à réduire le vieillissement à des questions de vulnérabilité et de dépendance. Elle appelle à une vision plus nuancée des différentes étapes du vieillissement et à des actions concrètes qui favorisent un vieillissement en bonne santé, centré sur le lien social et l’utilité sociale.
En conclusion, l’éducation au vieillir apparaît comme une nécessité pour transformer notre rapport à l’âge et valoriser les contributions des personnes âgées dans la société. Cette approche pourrait non seulement enrichir notre compréhension du vieillissement, mais aussi favoriser une société plus inclusive et respectueuse des expériences de chacun.
Source : Mélissa-Asli Petit, S’autoriser à vieillir, éditions érès.
