Un trou noir géant découvert trop tôt dans l’histoire de l’Univers
Un trou noir primitif, désigné par l’identifiant J0439+1634, a été détecté à une distance qui remet en question les théories actuelles sur la formation des trous noirs. Les astrophysiciens estiment que ce trou noir possède une masse d’environ 630 millions de masses solaires, une me obtenue directement grâce à la variabilité de J0439+1634, sans devoir recourir aux calibrations incertaines habituellement utilisées pour des objets aussi éloignés.
Traditionnellement, la masse des trous noirs primitifs est déduite de relations d’échelle basées sur des observations de quasars voisins. Cependant, ces méthodes ne garantissent pas leur validité dans un Univers plus dense et chaud, aux galaxies hôtes très différentes. Les chercheurs ont constaté que ce trou noir est à 60 % de sa limite d’accrétion maximale, connue sous le nom de limite d’Eddington, ce qui indique qu’il croît rapidement dans des conditions que les scientifiques n’avaient pas anticipées.
Selon Anna-Christina Eilers, professeure assistante de physique au MIT, cette découverte montre que les phases de croissance rapide et désordonnée des trous noirs se produisent beaucoup plus tôt que prévu, avant même le moment où ces objets sont détectés comme des quasars lumineux. À l’avenir, l’observatoire Vera C. Rubin et le télescope Roman Space de la NASA, dont le lancement est prévu en 2027, devraient analyser des dizaines de milliers de quasars variables à très grand décalage spectral. Des centaines de cas similaires à J0439+1634 pourraient ainsi être identifiés, permettant aux astrophysiciens d’étudier la physique de l’accrétion à une échelle populationnelle.
Source : Clubic
