Un modèle d’OpenAI résout un problème mathématique ancien en un temps record.

En un temps record, un modèle d'OpenAI résout un problème de maths vieux de plus d'un siècle

Une percée significative de l’intelligence artificielle dans les mathématiques

OpenAI a annoncé le 8 septembre qu’un de ses modèles a résolu un problème mathématique vieux de plus d’un siècle en moins de quatre jours. Ce succès soulève des questions sur la provenance des méthodes utilisées, notamment après qu’un duo de chercheurs a suggéré un possible plagiat de leurs travaux.

Mark Chen, responsable de la recherche chez OpenAI, a qualifié cette avancée de « significative » lors d’un point de presse, affirmant qu’elle ouvre la voie à des réponses à d’autres questions complexes. Bien que plusieurs acteurs de l’IA aient réalisé des progrès dans le domaine mathématique, cette résolution est considérée comme la plus notable à ce jour.

Le problème en question concerne l’équation de Navier-Stokes, qui traite du mouvement des fluides et est essentielle pour des applications telles que les modèles météorologiques et la conception d’avions. Cette équation a été formulée par Henri Navier en 1822 et a été finalisée par George Gabriel Stokes en 1845. Son importance a conduit le Clay Mathematics Institute à la classer parmi les sept problèmes du millénaire, dont la résolution est récompensée par un prix d’un million de dollars.

OpenAI a déclaré avoir résolu l’équation en 88 heures grâce à un modèle aux capacités « significativement plus élevées » que son dernier produit, GPT-6 Astra, lancé moins d’une semaine auparavant. Pour ce faire, le modèle a mobilisé plus de 10 000 agents IA, générant plus de 130 milliards de « tokens », unité de me du contenu produit. Le coût de cette puissance de calcul s’élève à « des millions de dollars ».

Sam Altman, directeur d’OpenAI, a révélé que l’initiative a été lancée suite à des rumeurs selon lesquelles des modèles d’Anthropic avaient résolu un problème similaire. Cela a incité OpenAI à vérifier si ses propres modèles pouvaient atteindre un résultat comparable.

Peu avant l’annonce d’OpenAI, le mathématicien australien Tristan Buckmaster avait exprimé des préoccupations sur des similitudes entre son travail et celui d’OpenAI. Avec son collègue Levent Alpöge, il avait développé des hypothèses différentes pour résoudre l’équation de Navier-Stokes. Buckmaster a suggéré que le modèle d’OpenAI aurait pu s’inspirer de ces idées.

Dans le cadre de l’évaluation de la solution, Buckmaster a demandé à OpenAI si ses données avaient été utilisées pour entraîner le modèle. Un chercheur d’OpenAI a affirmé que les données des chercheurs n’avaient pas été utilisées, mais a également reconnu qu’il n’était pas possible d’exclure que des données anonymisées aient pu contribuer à améliorer leurs modèles.

Le président du Clay Mathematics Institute a salué cette avancée, mais a souligné que l’évaluation des solutions se fait de manière rigoureuse et sans hâte, nécessitant une publication dans une revue scientifique et l’acceptation par la communauté mathématique.

Des voix au sein de la communauté mathématique, comme celle de Terence Tao, lauréat de la médaille Fields, se sont élevées pour exprimer des inquiétudes sur le fait que les solutions soient confiées uniquement à des modèles d’IA, plutôt que de favoriser une collaboration entre mathématiciens et intelligence artificielle.

Avec AFP

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