L’intensité du travail en France en légère baisse, mais des inquiétudes persistent quant à la santé des salariés
L’intensité du travail, qui avait connu une hausse continue depuis les années 1980, diminue légèrement pour la première fois en 2024. Cette évolution est révélée par une étude réalisée tous les huit ans par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, qui a recueilli plus de 25 000 questionnaires en face-à-face.
Cependant, il est important de nuancer cette bonne nouvelle. « C’est une inflexion mais pas du tout de la même ampleur que la hausse cumulée des dernières décennies », souligne un représentant de la Dares. Malgré cette baisse, les niveaux de pénibilité restent élevés, et 4 salariés sur 10 ne se sentent pas capables de travailler jusqu’à la retraite.
Entre 2016 et 2024, la proportion de salariés exposés à au moins trois contraintes de rythme a diminué, passant de 43 % à 38 %. Cette baisse concerne toutes les catégories socioprofessionnelles, sauf les employés peu qualifiés, dont la situation est restée stable. Les ouvriers peu qualifiés affichent une baisse de 10 points, tandis que les ouvriers qualifiés voient une diminution de 2 points.
La pression temporelle subie par les salariés est également en recul, notamment parmi les cadres, où 39 % déclarent travailler souvent sous pression en 2024, soit une baisse de 4 points par rapport à 2016. Cependant, les employés peu qualifiés restent la seule catégorie où cette pression ne s’est pas atténuée.
En revanche, les contraintes physiques demeurent préoccupantes. Quatre salariés sur dix sont exposés à au moins trois contraintes physiques, un chiffre stable par rapport à 2016. Parmi ces contraintes, on retrouve le fait de rester longtemps debout, de porter des charges lourdes ou de subir des vibrations.
Malgré une amélioration générale de la satisfaction au travail, avec 82 % des salariés se sentant fiers de leur travail, la proportion de ceux qui estiment ne pas pouvoir continuer jusqu’à la retraite a augmenté, passant de 38 % à 41 % entre 2016 et 2024.
Cette étude met en lumière des avancées, mais souligne également des défis persistants pour la santé et le bien-être des travailleurs en France.
Source : Dares, étude réalisée entre juillet 2024 et avril 2025.

