Sénégal : Le Premier ministre convainc avec sa déclaration de politique générale
Le 8 septembre, le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lô, a présenté sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. Au cours de cette intervention de 2h30, il a défendu l’accord de prêt conclu avec le FMI pour faire face à la dette du pays, tout en promettant de maintenir la continuité avec son prédécesseur, Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale.
Cette prestation a été largement couverte par la presse nationale, qui a qualifié Ahmadou Al Aminou Lô d’« imperturbable » et de « pugnace ». Face à une Assemblée dominée par le parti Pastef, il s’est positionné en technocrate, évitant les sujets les plus politiques et adoptant un discours réaliste. « Nous nous sommes appauvris en 2025 et nous allons encore nous appauvrir en 2026 », a-t-il déclaré, une posture qui pourrait rasr certains Sénégalais, selon des analystes politiques.
Cependant, le parti Pastef a exprimé des préoccupations, accusant le Premier ministre d’adhérer aux « diktats » du FMI et à une restructuration de la dette qu’Ousmane Sonko a toujours rejetée. Notons qu’Ahmadou Al Aminou Lô n’a pas sollicité la confiance des députés, évitant ainsi une potentielle motion de cen.
En parallèle, le Premier ministre a également condamné la montée des discours xénophobes à l’encontre des ressortissants de la sous-région, affirmant que « cela doit cesser ». Il a souligné que la stigmatisation ne grandit pas le pays, en référence à des discours hostiles qui se sont intensifiés depuis juillet.
Cette déclaration intervient dans un contexte où des tensions politiques persistent, notamment autour de la question migratoire, soulevée par le député nationaliste Tahirou Sarr, qui accuse certains étrangers de nuire à l’économie locale. Bien que cette position soit marginale, elle suscite des inquiétudes au sein de la société civile, qui attend une réponse claire des autorités.
Source : RFI

