Test d’hypoxie en haute altitude : des chercheurs évaluent les effets sur la performance physique.

Haute altitude | Un petit test d’hypoxie avec ça ?

C’est un message qui apparaît de plus en plus souvent sur les réseaux sociaux : quelqu’un planifie l’ascension du Kilimandjaro ou se fixe un autre grand objectif à haute altitude, et cherche un endroit où passer un test d’hypoxie, si possible à un prix raisonnable.

Cependant, des professionnels expérimentés en haute altitude estiment qu’un tel test n’est pas réellement utile. Emmanuel Daigle, guide de trek et auteur du livre Haute altitude : du trek à l’expédition, déclare : « Il n’y a aucun intérêt si ton séjour est bien planifié avec une ascension progressive et raisonnable. Si tu t’hydrates régulièrement, que tu es à l’écoute de tes signes et de tes symptômes, et que tu n’as pas de problème de santé, tu n’as pas tant besoin de passer un test de ce type-là. »

Dominic Asselin, guide de montagne et fondateur de l’agence Attitude Montagne, affirme que le test d’hypoxie n’est pas représentatif de l’expérience en haute altitude, à moins de monter directement à 4000 ou 5000 mètres en hélicoptère. « Ça ne va pas tester la réaction à l’acclimatation », ajoute-t-il.

Le test d’effort à l’hypoxie simule les conditions en haute altitude en faisant inhaler un mélange gazeux pauvre en oxygène, permettant d’analyser la réponse de l’organisme à divers niveaux d’altitude, comme 4800 mètres, soit l’altitude du mont Blanc. Bien que plusieurs cliniques en Europe offrent ce test, il est difficile d’en trouver au Québec, marché beaucoup plus petit. Il est important de ne pas confondre un test d’effort à l’hypoxie avec un test de VO2max, qui me le volume maximal d’oxygène qu’un organisme peut consommer durant un exercice d’aérobie.

M. Daigle préconise une bonne acclimatation en montagne, recommandant une ascension progressive selon des règles établies. À partir de 2500 mètres d’altitude, il est conseillé de ne pas monter plus de 400 mètres par jour, avec un repos de deux jours à chaque palier de 1000 mètres. Il estime que les forfaits d’ascension du Kilimandjaro, généralement de six ou sept jours, sont trop courts pour asr une bonne acclimatation, ce qui entraîne souvent un échec.

« Si on donnait le temps qu’il faut, presque tout le monde y arriverait les deux doigts dans le nez », affirme-t-il. Cependant, Dominic Asselin souligne que la règle des paliers de gain d’altitude est difficile à appliquer lors d’ascensions de très hautes montagnes. Par exemple, sur le Makalu, un sommet de 8485 mètres, il aurait fallu établir environ 10 camps, ce qui n’est pas toujours réalisable.

L’acclimatation dépend également de la génétique des individus. « Il y en a qui s’acclimatent plus rapidement que d’autres. Mais ça, on ne peut pas le tester parce que le processus ne commence pas avant 12 à 24 heures d’exposition au manque d’oxygène », précise M. Asselin.

Il ajoute qu’une bonne condition physique peut faciliter le processus d’acclimatation, car le corps est alors plus apte à se concentrer sur l’acclimatation plutôt que sur l’effort physique. L’anxiété joue également un rôle important dans l’acclimatation. « Les gens qui ont peur, qui sont anxieux, ne s’acclimatent pas bien », observe-t-il.

Il note une tendance actuelle à dramatiser l’acclimatation, ce qui peut créer de l’anxiété chez les personnes qui, sous un bon encadrement, ne devraient pas avoir de problèmes.

Source : Emmanuel Daigle et Dominic Asselin.

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