Piratage DGFiP : le Sénat pointe des failles
Une note de la commission des finances du Sénat a révélé de nouvelles informations sur les intrusions récentes ayant touché la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Les attaquants auraient exploité des identifiants légitimes compromis pour naviguer entre différents services de l’administration, accédant ainsi à des données concernant plusieurs centaines de milliers de particuliers et de professionnels.
Selon les éléments rapportés, après la compromission d’un compte d’un agent de l’Éducation nationale, l’attaquant aurait accédé au Réseau interministériel de l’État (RIE). Il aurait ensuite utilisé des identifiants d’agents de la DGFiP, probablement récupérés via des infostealers, pour atteindre un portail destiné aux administrations partenaires. L’application « e-contact » aurait permis l’extraction de données concernant près de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels.
D’autres vecteurs ont également été exploités. Entre fin juillet et début août, le compte compromis d’un géomètre-expert aurait permis d’accéder à des données cadastrales concernant 434 564 foyers. Une autre intrusion, détectée mi-août, a concerné les successions vacantes, reposant sur l’exploitation d’une vulnérabilité technique affectant un dispositif de traitement statistique de la DGFiP.
Les sénateurs Claude Raynal et Jean-François Husson ont mis en cause des faiblesses structurelles dans la protection du système d’information de l’administration fiscale. Ils soulignent les difficultés à sécuriser les accès et à détecter des comportements inhabituels. Bien que certains comptes compromis aient été désactivés, les systèmes en place n’auraient pas identifié les volumes anormaux d’extraction de données.
En réponse à ces incidents, la DGFiP a restreint certains accès et interdit l’utilisation d’ordinateurs personnels pour se connecter à ses outils. Le gouvernement prévoit également d’étendre l’authentification multifacteur et d’accélérer le déploiement de mécanismes capables de détecter des volumes inhabituels de consultation.
L’enquête judiciaire est en cours, avec un suspect âgé de 18 ans mis en examen.
Source : INCYBER NEWS

