Éducation des enfants : Philippe Meirieu interroge le coût de l’engagement parental.

Philippe Meirieu : « Voulons-nous encore éduquer nos enfants et en payer le prix ? »

Voulons-nous encore éduquer nos enfants et en payer le prix ?

L’enquête Pisa 2025 suscite des interrogations quant à l’état de l’éducation en France. Bien que les résultats de cette enquête internationale orchestrée par l’OCDE doivent être pris au sérieux, il convient de les aborder avec prudence. L’OCDE, qui regroupe 38 pays, n’est pas une organisation non gouvernementale dédiée aux droits de l’enfant, mais un consortium promouvant l’économie de marché.

L’enquête évalue le niveau des élèves de 15 ans dans trois domaines : les mathématiques, la culture scientifique et la compréhension de l’écrit. Ces compétences sont mesurées par des questionnaires à choix multiples, ce qui favorise les pays d’Asie du Sud-Est, où l’enseignement est souvent orienté vers l’obtention de bonnes performances aux tests.

Ainsi, des éléments tels que la culture, l’art, l’éducation physique, et la formation à la démocratie ne sont pas pris en compte.

Actuellement, la France obtient des résultats décevants dans les domaines évalués par Pisa. Malgré cela, le ministre de l’Éducation nationale affirme que les élèves français restent dans la moyenne de l’OCDE, tout en omettant de mentionner l’importance des écarts de performance entre les élèves.

La France consacre 8,9 % de son PIB à l’éducation, en dessous de la moyenne de 9,7 % des 27 pays de l’OCDE. Ce faible investissement soulève des questions sur la volonté politique et sociale de valoriser l’éducation, comme le souligne Nelson Mandela en affirmant que « l’éducation est l’arme la plus puissante pour transformer le monde ».

Les enseignants et le personnel éducatif, notamment ceux accompagnant des enfants en situation de handicap, souffrent d’un manque de reconnaissance financière et symbolique. Les réformes éducatives sont souvent perçues comme des coups de communication, sans évaluation sérieuse de leur impact.

Des stéréotypes sexistes persistent, décourageant les filles de s’engager dans les sciences et renforçant des comportements virilistes chez les garçons. De plus, les mes telles que l’interdiction des téléphones portables sont jugées insuffisantes pour améliorer le climat scolaire et les résultats.

La question se pose donc : voulons-nous encore éduquer nos enfants et en payer le prix, tant financier que social ? Une véritable réflexion sur l’éducation est essentielle pour garantir un avenir meilleur.

Source : La Croix

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *