Transition énergétique : la facture de l’après-pétrole sera lourde pour les pétro-États
La transition mondiale vers une économie moins dépendante du pétrole pourrait engendrer des conflits, des migrations et des bouleversements économiques, selon une étude du groupe de réflexion E3G publiée le 8 septembre. La consommation de pétrole est en déclin dans de nombreux pays, en raison de la montée des énergies renouvelables et des effets de la guerre en Iran, qui a restreint l’offre et fait grimper les prix. Cette stagnation contraint les producteurs à chercher des marchés en déclin, affectant particulièrement des pays comme le Nigeria, l’Iran, l’Angola et l’Algérie, qui dépendent fortement des revenus pétroliers pour financer leurs services publics. Les experts avertissent que sans aide internationale, ces pays ne pourront pas faire face au choc économique.
Actuellement, les revenus pétroliers représentent plus de 40 % des recettes de 17 pays à travers le monde. Ce chiffre grimpe à 70 % pour l’Irak et atteint 90 % pour la Libye. Avec la transition énergétique, les revenus de certains États devraient chuter rapidement à partir de 2030. Selon les experts d’E3G, l’Algérie pourrait connaître une baisse de 87 % de ses revenus, tandis que le Nigeria pourrait subir une diminution de plus de 60 %.
« Le régime en place à Alger a longtemps pu acheter la paix sociale grâce aux pétrodollars. Mais si les besoins mondiaux en pétrole déclinent, que deviendront ces régimes, en particulier en Afrique, qui dépendent entièrement des revenus pétroliers ? » s’interroge Mathieu Auzanneau, expert en géopolitique du pétrole.
Les chercheurs exhortent les gouvernements et les institutions telles que la Banque mondiale et le FMI à soutenir les États les plus touchés par cette baisse de revenus. Sans intervention, le contrat social dans ces pays pourrait être remis en question, entraînant des économies en déclin, une augmentation de la dette et des populations poussées à l’exode.
Les experts concluent qu’il est impératif d’agir rapidement, soulignant que ralentir la transition énergétique serait encore plus préjudiciable.
Source : E3G
