Des manifestants bloquent l’A412 en utilisant des engins de chantier, rappel de l’A69.

« Un passage en force similaire à l’A69 » : contre l’A412, ils se perchent sur des engins de chantier

Un passage en force similaire à l’A69 : opposition à l’A412 en Haute-Savoie

Perrignier (Haute-Savoie), 9 septembre 2026 – Depuis le début des travaux le 7 septembre, les opposants au projet d’autoroute A412, qui doit relier Machilly à Thonon-les-Bains, tentent de bloquer la progression des engins de chantier. Le 8 septembre, un homme masqué a été aperçu perché sur une pelleteuse à l’arrêt, observant les dégradations causées par les travaux, notamment des arbres déracinés.

Vers 11 heures, une vingtaine de manifestants étaient présents sur le site, oscillant entre inquiétude et admiration pour leur camarade. Joanna Linares, membre du collectif StopA412, a déclaré : « On montre à la personne qu’elle est soutenue, et on vérifie que les gendarmes et le concessionnaire n’outrepassent pas leur droit. » Les opposants critiquent l’inutilité de cette autoroute, qui doublera la ligne ferroviaire du Léman Express.

À la fin de la journée, deux manifestants ont été placés en garde à vue, dont l’homme sur la pelleteuse et une femme qui tentait également de bloquer des défrichements près de Brenthonne.

Le 28 août, le concessionnaire Amedea, filiale du groupe Eiffage, a obtenu l’autorisation environnementale de la préfecture de Haute-Savoie pour construire l’A412. Les partisans du projet avancent qu’elle désengorgera un réseau routier jugé saturé et améliorera la sécurité routière. Longue de 16,5 km, l’autoroute est prévue pour être mise en service en 2029.

Expropriations et controverses

Les expropriations sont en cours, ce que reconnaît le concessionnaire Amedea, qui a acquis 1 300 parcelles, mais une centaine reste encore à exproprier. Joanna Linares et Jérôme Dethes, maraîcher impacté par le projet, dénoncent un « passage en force similaire à ce qu’il s’est passé pour l’A69 », soulignant que les travaux se poursuivent malgré des expropriations non finalisées.

Les opposants documentent chaque défrichement, en vue de constituer des preuves pour un futur référé-suspension auprès de France Nature Environnement 74. L’emprise totale du chantier concerne 177 hectares, dont 70 de terres agricoles et 56 hectares de zones humides. Le Conseil national pour la protection de la nature a émis un avis défavorable à ce projet.

Conséquences environnementales

Les premières coupes d’arbres sur le tracé de l’A412 ont eu lieu le 7 septembre. Des membres de la Confédération paysanne mettent en lumière l’importance de ces terres pour la production agricole, notamment pour le Reblochon, et alertent sur la nécessité de préserver ces espaces face aux sécheresses futures.

Cette situation illustre les tensions croissantes entre développement infrastructurel et protection de l’environnement, suscitant une mobilisation active des citoyens contre ce projet controversé.

Source : Reporterre

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