Une sonde de la NASA atteint les limites du système solaire, mais risque l’arrêt de ses instruments.

Une sonde de la NASA approche les limites du système solaire mais ses instruments pourraient être mis hors service faute de financement

Une sonde de la NASA approche les limites du système solaire, mais ses instruments pourraient être mis hors service faute de financement

Célèbre pour son survol de Pluton en 2015, la sonde New Horizons se trouve actuellement à 9,7 milliards de kilomètres de la Terre, soit 66 fois la distance Terre-Soleil. Début septembre 2026, la NASA a annoncé que deux détecteurs de particules embarqués seraient éteints dès octobre, faute d’un budget de 2 millions de dollars annuels. La sonde, qui approche d’une frontière spatiale majeure, est pourtant en parfait état de fonctionnement.

New Horizons privée de ses capteurs de vent solaire

Les deux détecteurs concernés, SWAP et PEPSSI, sont spécialisés dans la me du plasma du vent solaire et des ions et électrons de haute énergie, respectivement. Depuis son lancement en janvier 2006, New Horizons collecte des données sur l’héliosphère, la vaste bulle magnétique générée par le Soleil.

Au sein de la NASA, le budget de la mission repose sur deux branches distinctes. La division des sciences planétaires alloue environ 10 millions de dollars par an pour les opérations, tandis que la division d’héliophysique devait ajouter 2 millions annuels pour couvrir les salaires des scientifiques et ingénieurs responsables de l’analyse des données. Cette somme a été retenue en 2025 et de nouveau en 2026.

Alan Stern, responsable scientifique de la mission au Southwest Research Institute, a indiqué que son équipe n’avait plus les moyens de maintenir ces capteurs actifs. Bien que les instruments fonctionnent normalement à bord, il n’y a pas de financement pour analyser les données transmises, laissant ainsi toutes les mes de SWAP et PEPSSI inexploitées.

Une traversée que seule New Horizons peut mer

La sonde est attendue pour atteindre le choc terminal de l’héliosphère dans les prochaines années, possiblement dès 2027. À cette frontière, le vent solaire ralentit brusquement au contact du milieu interstellaire. Bien que Voyager 1 et Voyager 2 aient franchi ce seuil, New Horizons suit une trajectoire distincte, offrant un angle de me inédit sur cette région.

Les capteurs de New Horizons ont montré que des ions captés dans le milieu interstellaire contrôlent le flux de particules chargées au-delà de 10 unités astronomiques. Selon le magazine Science, ces ions dominent les échanges thermiques à la limite de l’héliosphère, qui protège les planètes intérieures des rayons cosmiques galactiques, demeurant un obstacle majeur à toute présence humaine prolongée dans l’espace lointain.

La NASA laisse la porte entrouverte

Le 2 septembre, Jared Isaacman, administrateur de la NASA, a exprimé son soutien au maintien des instruments, soulignant que l’investissement principal avait déjà été consenti. Cependant, il a également mentionné que l’agence devait libérer des ressources pour de futures missions d’exploration.

James Green, ancien directeur scientifique de l’agence, a lancé une pétition pour maintenir SWAP et PEPSSI en activité. La sonde reste opérationnelle et pourrait tenir jusqu’en 2050, voire franchir l’héliopause pour atteindre l’espace interstellaire d’ici une dizaine d’années. New Horizons serait alors le troisième objet fabriqué par l’humain à dépasser cette frontière, après les deux Voyager.

Source : Science et Vie

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