DECRYPTAGE. Moins de devoirs à la maison, des oraux, des questions sur le ressenti. Comment les professeurs s’adaptent face à l’utilisation de ChatGPT

Moins de devoirs à la maison : les enseignants s’adaptent à l’ère de l’intelligence artificielle

Depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle, les méthodes pédagogiques des enseignants doivent évoluer. Au collège Voltaire à Tarbes, une professeure de français, Lydie Fachan, a décidé d’aborder ce défi en éduquant ses élèves sur les usages de l’IA, les fake news et l’importance de la presse. Pour limiter le recours à ChatGPT, elle a arrêté de donner des devoirs à la maison et se concentre sur le ressenti de ses élèves.

Ce mercredi matin, les élèves de 4e se consacrent à l’intelligence artificielle. Ils apprennent à distinguer les images modifiées par l’IA des photographies authentiques. « Notre mission est de les aider à développer leur esprit critique. L’intelligence artificielle peut être intéressante à condition de s’en servir comme outil dans un cadre établi », souligne Lydie Fachan.

Les élèves ont été sensibilisés aux fake news et aux dérives de l’IA. En classe, ils savent distinguer une photo truquée d’une image réelle, comme celle du pape portant une doudoune Balenciaga.

Concernant l’utilisation de l’IA pour les devoirs, les élèves admettent l’utiliser de manière décomplexée. « Je m’en sers surtout pour les mathématiques. Je demande à ChatGPT de m’expliquer la consigne quand je ne comprends pas », explique Sirine. Mathilde, une autre élève, utilise également l’IA pour ses exercices. En réponse à cette utilisation, Lydie Fachan a modifié ses méthodes : « Je ne donne quasiment plus de devoirs à la maison. Les restitutions de lecture se font en classe et j’insiste sur des questions de compréhension et d’analyse. »

L’utilisation de l’IA complique la détection de son recours dans les copies. « ChatGPT peut faire des fautes pour imiter le niveau des collégiens. Un travail trop parfait suscite également des doutes », note Fachan. Pour éviter les résumés trop simples, elle interroge ses élèves sur leurs émotions à la lecture d’œuvres, comme Les Contes de la bécasse de Maupassant.

Sophie Picaud, professeure documentaliste, complète cette démarche. Elle a remarqué que des présentations orales comportaient un vocabulaire trop sophistiqué, signe d’une utilisation de l’IA. « Je les accompagne dans leurs recherches, en les orientant vers des sites fiables », précise-t-elle.

Pour l’évaluation au brevet, les élèves doivent présenter un travail réalisé durant l’année, sans possibilité de tricher. « On leur demande de parler d’une expérience. À la fin, on les interroge sur leurs sources », conclut Picaud.

Cette approche permet aux enseignants de s’adapter aux nouvelles réalités éducatives tout en préservant l’intégrité académique.

Source : La Dépêche

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