Aucun impact sur la création d’emploi : la CSC alerte sur la réforme des aides à l’emploi en Wallonie
Selon les premiers chiffres de la réforme Job+, les agences d’intérim reçoivent la majorité des aides à l’emploi en Wallonie, suscitant des interrogations du syndicat CSC sur l’efficacité du dispositif pour la création d’emplois durables.
En Wallonie, la réforme des aides à l’emploi, désormais regroupées dans un dispositif unique baptisé Job+, profite surtout au secteur de l’intérim, avertit la CSC dans un communiqué publié mardi. « En soi, mieux cibler les aides sur les profils les plus éloignés de l’emploi n’est pas une mauvaise idée. Et les premiers chiffres sont tombés : Job+ est un succès, pas moins de 3.906 dossiers ayant déjà été conclus depuis le 1er juillet », reconnaît le syndicat chrétien.
Cependant, la CSC souligne que « sur ces 3.906 dossiers, le secteur qui capitalise le plus d’embauches, c’est le secteur de l’intérim. Alors que, selon l’Iweps, l’intérim pèse pour 1,7 % de l’emploi salarié en Wallonie, il va chercher 61,6 % des subsides wallons ».
Depuis le lancement de la réforme, les syndicats ont exprimé des réserves quant à l’ouverture de ces subsides aux agences d’intérim. « L’agence d’intérim est considérée comme l’employeur et empoche seule le subside. L’entreprise utilisatrice – celle où est placé le travailleur intérimaire – ne reçoit rien de cette somme. Pire, elle n’est souvent même pas au courant, alors qu’elle rétribue l’agence pour le service de placement », dénonce la CSC.
Le syndicat conclut que « cette réforme apparaît à ce jour comme un gigantesque effet d’aubaine pour les agences d’intérim, sans impact mesuré sur la création d’emploi. Les fonds publics – près de 330 millions annuels en vitesse de croisière sont budgétés pour le seul JOB+ – méritent d’être mieux alloués », plaidant pour « un ajustement de la me dès à présent ».
Interrogé par L’Echo, qui a révélé l’information mardi matin, le ministre wallon de l’Emploi, Pierre-Yves Jeholet (MR), a appelé à interpréter ces premiers chiffres avec prudence, en raison du peu de recul qu’ils offrent et de la période estivale, qui « correspond traditionnellement à une forte activité du secteur de l’intérim ».
Source : CSC

